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Pakistan: le procureur qui enquêtait sur l'assassinat de Benazir Bhutto est tué

03/05/2013 07:06 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:12 EDT

ISLAMABAD - Des hommes armés ont abattu vendredi le principal procureur pakistanais dans deux causes importantes, celles du meurtre de l'ancienne première ministre Benazir Bhutto et des attentats perpétrés à Bombay.

L'assasinat a choqué le Pakistan, un pays qui fait face à de plus en plus d'attaques des talibans à la veille des élections générales.

Chaudhry Zulfikar Ali a été criblé d'au moins 13 balles alors qu'il se rendait au travail à Islamabad, la capitale normalement tranquille où habitent beaucoup de diplomates, de responsables militaires et gouvernementaux et de coopérants.

Il a été atteint à la tête, à une épaule et à la poitrine. Sa voiture a été criblée de balles et son pare-brise a éclaté. Son garde du corps aurait réussi à blesser au moins un des agresseurs.

M. Ali dirigeait quelques dossiers très épineux, notamment l'enquête sur la mort de Mme Bhutto et la poursuite des militants qui auraient perpétré un attentat terroriste à Bombay, en 2008.

Personne n'a revendiqué l'attentat, mais puisque le travail de M. Ali le plaçait en conflit direct avec des groupes militants, ceux-ci ont immédiatement été soupçonnés.

Même si le Pakistan a reconnu un regain de violence au cours des dernières années — et particulièrement récemment alors que les talibans tentent de faire dérailler les élections du 11 mai — de telles attaques sont rares dans la capitale.

Un analyste politique indépendant, Hasan-Askari Rizvi, a soutenu qu'il serait difficile de savoir qui pourrait être responsable de l'attaque puisque M. Ali était impliqué dans plusieurs causes dangereuses.

Les membres de la profession légale sont particulièrement vulnérables dans la guerre que le Pakistan mène contre les militants. Puisqu'il n'existe aucun programme de protection des témoins, les gens hésitent à témoigner dans les causes, et les juges et les avocats sont particulièrement ciblés. Le résultat est que le taux de condamnations dans les causes de terrorisme au Pakistan est extrêmement bas.

L'affaire Bhutto traîne depuis des années dans le système légal pakistanais. Un nombre d'assaillants présumés ont été accusés mais personne n'a été condamné. La cause a fait un retour dans l'actualité lorsque l'ancien président Pervez Musharraf est rentré au pays, en mars, après quatre ans en exil.

Des procureurs gouvernementaux reprochent à Musharraf, qui a été placé en détention à domicile, d'avoir trempé dans l'assassinat de Mme Bhutto et de ne pas lui avoir offert une sécurité suffisante.

Le procureur avait récemment confié à des journalistes qu'il avait reçu des menaces de mort, mais n'avait pas précisé l'identité de la personne qui les aurait proférées. Des collègues l'ont décrit comme étant un procureur extrêmement compétent.

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