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Aviation civile: le Canada "pas inquiet" de l'offensive du Qatar sur l'OACI

03/05/2013 01:21 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:12 EDT

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird s'est déclaré vendredi "pas inquiet de l'offensive du Qatar" pour faire déménager à Doha le siège de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), situé à Montréal.

Le Qatar a pris de court Ottawa en présentant en début de semaine dernière ce projet proposant d'accueillir à Doha le siège de l'OACI.

Cette offre du petit Etat du Golfe aux moyens financiers pharaoniques a été présentée alors que le gouvernement de Stephen Harper était en train de renégocier les termes du bail, arrivant à échéance en 2016, qui lie la métropole québécoise et l'agence de l'ONU.

"Montréal est le foyer naturel de l'OACI", a lancé le ministre Baird lors d'une conférence de presse, indiquant qu'il n'était "pas inquiet de l'offensive du Qatar", qui aspire à faire de Doha "une ville de renommée internationale".

La décision finale doit être prise par l'assemblée de l'OACI, qui se réunit du 4 septembre au 4 octobre, et d'ici là, le Canada va mener des consultations, "bonifier" les avantages offerts à l'organisation et à ses diplomates résidant à Montréal.

"Nous sommes très optimistes mais on ne prend rien pour acquis", a dit M. Baird, qui a rencontré le secrétaire général de l'OACI à la mi-journée vendredi, lui répétant sa "détermination".

A ses côtés, le ministre des Relations internationales du Québec Jean-François Lisée a estimé que la proposition du Qatar était "arrivée comme un cheveu sur la soupe" qui "a bousculé plusieurs" pays membres de l'organisation.

D'ici le vote, "on est en campagne électorale", a déclaré M. Lisée, notant que la question des difficultés d'obtention de visas pour certains représentants africains, soulevée par le Qatar, était à l'étude.

Quant au "problème" du climat hivernal de Montréal, également avancé comme un argument par le Qatar, M. Lisée a répondu qu'"il vaut mieux une tempête de neige qu'une tempête de sable".

"Les autorités canadiennes reprennent la question du climat car c'est emblématique" de leur identité, relève un diplomate occidental. Néanmoins, tempère-t-il, la demande en bonne et due forme du Qatar n'a pas encore été déposée, et "s'il doit y avoir discussion, elle n'aura pas lieu avant septembre".

sab/jl/lor

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