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Ottawa compte se battre pour garder le siège de l'OACI à Montréal 

02/05/2013 03:08 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

Les trois paliers de gouvernement affûtent leurs armes pour mener la bataille du maintien du siège de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) à Montréal.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur et ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée et le maire de Montréal, Michael Applebaum, vont rencontrer la presse à l'hôtel de ville de Montréal pour affirmer leur volonté de maintenir le siège de l'OACI à Montréal. 

Plus tôt, Ottawa avait qualifié de « ridicule » le lien fait entre la politique étrangère canadienne et la volonté du Qatar de vouloir déménager le siège de l'OACI dans sa capitale. 

Le Globe and Mail avait rapporté jeudi, citant des sources anonymes, que la proximité entre le Canada et Israël fâchait le monde arabe, désormais prêt à faire front commun pour ravir à Montréal le siège social de l'OACI.

Un éditorial du journal algérien Le Quotidien d'Oran, publié il y a quelques jours, semble confirmer que la position d'Ottawa sur le conflit israélo-palestinien commence à agacer dans le monde arabe. 

Dans un éditorial au vitriol sur l'attitude d'Ottawa, l'auteur écrit : « Le gouvernement canadien a tendance à oublier que les opinions commencent à être actives dans le monde arabe. » Et conclut : « le pouvoir en place à Ottawa est en train de ruiner une image assez positive du Canada. Les entreprises canadiennes pourraient le ressentir assez rapidement ».

« Demande sérieuse »

Le Qatar a formulé une demande le 11 avril dernier aux Nations unies pour que l'OACI, chargée d'établir des règles internationales pour l'aviation, déménage à Doha. D'autres pays arabes seraient derrière cette candidature et chercheraient à récolter l'appui de plus de nations.

Au bureau du ministre des Affaires étrangères, John Baird, on assure que le Canada va se battre « bec et ongles » pour conserver l'OACI à Montréal, où elle est établie depuis 1947. On refuse toutefois d'indiquer si Ottawa a bel et bien eu vent d'un front commun du monde arabe.

Rick Roth, un porte-parole du ministre, a toutefois affirmé par courriel que la façon dont les Qataris avaient agi dans ce dossier « démontre qu'ils ne sont pas des hôtes appropriés » pour une organisation des Nations unies. 

Or, Philbin, Anthony, le porte-parole de l'OACI, a indiqué que la demande du Qatar a été déposée selon les règles et les procédures de l'organisation. La demande est, selon lui, considérée comme sérieuse.  

Par ailleurs, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que M. Baird a parlé deux fois au premier ministre du Qatar la semaine dernière à ce sujet et a appelé ses homologues dans d'autres pays pour leur soutien. 

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