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La famine a emporté 258 000 personnes en Somalie

02/05/2013 09:39 EDT | Actualisé 02/07/2013 05:12 EDT

Près de 260 000 personnes ont succombé à la famine en Somalie lors de la crise alimentaire d'octobre 2010 à avril 2012, selon une étude publiée par l'Organisation des Nations unies.

Selon le document déposé jeudi, 258 000 personnes sont mortes par la faim en Somalie au cours de cette période, dont 133 000 enfants de moins de cinq ans.

C'est plus de la moitié des victimes de cette grave crise alimentaire à laquelle la réponse internationale n'a pas été suffisante, constatent les auteurs de l'étude.

Une famine historique

Ce triste bilan est supérieur à celui de l'importante famine qui a sévi en Somalie en 1992, et dont le bilan est évalué à 220 000 morts en 12 mois.

Selon les estimations scientifiques réalisées dans le cadre de cette étude, « 4,6 % de la population totale et 10 % des enfants de moins de cinq ans sont morts lors de cet événement dans le sud et le centre de la Somalie ».

Dans les régions les plus durement touchées, le Bas-Shabelle, Mogadiscio et Bay, la famine a emporté respectivement 18 %, 17 % et 13 % des enfants de moins de cinq ans, notent les auteurs du document.

De fin 2010 à 2012, la famine a touché pas moins de 4 millions de personnes en Somalie, soit la moitié de la population.

Sécheresse et guerre civile

Il s'agit de l'une des pires famines qu'ait connues le monde au cours des 25 dernières années d'après les démographes et épidémiologistes qui ont conduit cette étude.

En tenant compte de la guerre qui déchire cette partie de l'Afrique, le taux de mortalité en Somalie est désormais deux fois plus élevé que la moyenne en Afrique subsaharienne.

La Somalie est ravagée par la guerre civile depuis la chute du président Siad Barre, en 1991.

Cette famine en Somalie est le résultat d'une longue sécheresse qui s'est abattue sur la Corne de l'Afrique.

« Les effets de la sécheresse ont été aggravés par divers facteurs, dont une aide humanitaire faible et la hausse des prix alimentaires », notent les auteurs de l'étude, qui évoquent aussi une « crise prolongée combinant conflit armé, catastrophes naturelles et conditions économiques défavorables ».

Cette étude a été réalisée conjointement par la FAO, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, et le Réseau d'alerte précoce de la Famine (Fews-Net), financé par l'agence américaine pour le Développement (USAID).

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