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Incencie mortel dans Portneuf : le délai des ambulanciers encore questionné

02/05/2013 02:54 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

Les maires et les paramédicaux de Portneuf s'inquiètent des modifications à la couverture ambulancière dans la région à la suite de la mort d'une femme qui a attendu les secours des ambulanciers pendant près de 50 minutes. Depuis le 21 avril, l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale a retiré récemment une ambulance de nuit dans Portneuf.

En fin de semaine, une femme est morte après avoir subi de graves brûlures durant l'incendie d'un chalet vendredi soir à Saint-Thuribe. L'ambulance est arrivée 47 minutes après l'appel.

C'est le maire de Saint-Thuribe, qui est pompier volontaire, qui a tenté de rassurer la victime extrêmement souffrante en attendant les ambulanciers. Richard Genest ne digère pas la décision de l'Agence.

« C'est honteux. Le service des incendies, on nous oblige à être là dans les 15 minutes. On a un schéma, on essaie de le suivre, on a été réglementé. Je ne peux pas concevoir que dans Portneuf, cette nuit-là, l'ambulance la plus proche était à Saint-Augustin et, de l'autre côté, à Saint-Thècle », déplore-t-il.

L'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale dit avoir revu le plan de déploiement de la zone Saint-Raymond, qui est desservie par l'entreprise Dessercom, après l'analyse annuelle du volume d'appels. L'an dernier, 60 % des appels de détresse ont eu lieu le jour, 33 % le soir et 18 % la nuit. 

« On ne peut pas mettre une ambulance à tous les coins de rue. Il y avait plusieurs véhicules ambulanciers ce soir-là. Malheureusement, tout le monde était sur des appels d'urgence ou dans un hôpital de Québec », affirme la responsable du dossier à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, Marie Simard. Elle ajoute que les modifications d'horaire n'ont eu aucune incidence sur le temps d'intervention.

L'Agence déplore pour sa part « l'absence de collaboration » dans la région de Dessercom. Selon Mme Simard, les ambulanciers demeurent systématiquement à la caserne. « M. Laviolette a donné la consigne à ses paramédicaux de ne plus effectuer de déploiements dynamiques au sein de sa zone, c'est-à-dire qu'on assure de positionner les véhicules pour qu'ils puissent répondre à toute la population dans un délai raisonnable. Les trois véhicules sont à la caserne de jour, les deux de soir et le véhicule de nuit », dénonce Mme Simard.

Les élus préoccupés

Le changement dans le déploiement des ambulances préoccupe tous les élus de la région de Portneuf qui se sont réunis mercredi soir. « On en a discuté en conseil des maires. Il va y avoir une lettre officielle qui va être envoyée à l'Agence à ce propos. On constate des problèmes, c'est sûr. On déplore ces coupes de services. On va inviter l'Agence à revoir ses positions », indique le préfet de la MRC, Denis Langlois.

La Fraternité et la Fédération des paramédicaux réclament le retour à la situation qui prévalait avant le 21 avril. « Il est malheureux qu'une citoyenne n'ait pu bénéficier d'un service préhospitalier rapide à cause d'une décision administrative tout à fait inadéquate de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale », indique par communiqué Pascal Genois, le président de la Fraternité.

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