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Washington regrette que la Bolivie expulse l'USAID pour raisons politiques

01/05/2013 02:19 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont regretté mercredi l'expulsion de Bolivie de l'agence américaine pour le développement international USAID, contestant les allégations "sans fondement" du président bolivien, qui l'accuse d'ingérence dans la politique intérieure de son pays.

"Le gouvernement américain regrette profondément la décision du gouvernement bolivien d'expulser l'agence américaine pour le développement international. Nous contestons les accusations. (...) L'objectif de l'USAID depuis 1964 est d'aider le gouvernement bolivien et d'améliorer la vie quotidienne de la population", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat Patrick Ventrell.

Le diplomate n'a pas été en mesure de dire si son ministère, qui chapeaute l'USAID, s'était fait officiellement notifier cette expulsion.

"Le plus regrettable, c'est que ce sont les citoyens boliviens qui vont pâtir le plus de la décision du gouvernement bolivien", a encore argumenté M. Ventrell.

L'USAID a expliqué dans un communiqué avoir "dépensé ces 50 dernières années près de deux milliards de dollars en étroite collaboration avec le gouvernement bolivien dans l'éducation, la santé, l'agriculture, la sécurité alimentaire, le développement économique et des programmes environnementaux".

Après cinq années de tentative de normalisation des relations, tendues, entre la Bolivie et les Etats-Unis, "cette décision est une preuve supplémentaire que le gouvernement bolivien n'est pas intéressé par cette manière de voir", a critiqué le responsable américain.

Le président bolivien Evo Morales a annoncé mercredi l'expulsion de l'USAID, dans un discours enflammé prononcé à La Paz devant des milliers de personnes, à l'occasion de la Fête du Travail.

L'USAID se trouve dans ce pays "pour des objectifs politiques et non pour des objectifs sociaux", a estimé M. Morales, une des figures de la gauche radicale latino-américaine, tout comme l'était le président vénézuélien décédé Hugo Chavez.

Dans son discours, M. Morales a critiqué avec virulence le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui avait déclaré en avril devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, que l'Amérique latine était "l'arrière-cour" des Etats-Unis.

En 2008, la Bolivie avait expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis et l'agence antidrogue américaine DEA. Washington avait répliqué en expulsant l'ambassadeur de Bolivie et en retirant à La Paz des conditions douanières préférentielles.

Après l'expulsion de la DEA, les Etats-Unis ont réduit leur contribution dans ce secteur à 5 millions de dollars, alors que le gouvernement bolivien a fait passer cette année le budget de la lutte contre la drogue de 26 millions à 34 millions de dollars, selon les chiffres officiels.

L'USAID a déjà eu des déboires en Russie lorsque Moscou avait interdit le 1er octobre 2012 ses activités, l'accusant d'ingérence dans la vie politique russe.

nr/are

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