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Triste fête des Travailleurs au Bangladesh

01/05/2013 07:46 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

Le dernier bilan des travailleurs tués dans l'effondrement d'un immeuble la semaine dernière à Savar, au Bangladesh, a franchi mercredi le cap des 400 morts. Plus de 2500 personnes ont aussi été blessées selon la police bangladaise.

Jusqu'ici, les secouristes ont retiré 399 corps des décombres et trois victimes ont succombé à leurs blessures à l'hôpital.

Le Rana Plaza, qui comptait 8 étages abritait cinq ateliers de confection de vêtements où plus de 3000 personnes travaillaient chaque jour.

Selon l'Agence France-Presse, le bilan pourrait continuer de s'alourdir au cours des prochains jours.

C'est que les secouristes ont commencé à utiliser de l'équipement lourd pour dégager les lourds débris de béton et d'acier sous lesquels ils s'attendent à trouver de nombreuses personnes qui se trouvaient au rez-de-chaussée lors de l'effondrement.

On évalue à environ 1400 morts le nombre potentiel de victimes des cette tragédie industrielle, la pire qu'a connue le Bangladesh.

Le 24 avril dernier, les responsables de l'immeuble et des ateliers ont fait entrer les travailleurs malgré un ordre d'évacuation de la police émis la veille en raison d'importantes fissures dans les murs et la structure de la bâtisse.

Moins de deux heures plus tard, la structure s'est effondrée comme un château de cartes, emprisonnant des centaines de personnes dans les décombres. Ces ateliers confectionnaient des vêtements pour de grandes chaînes occidentales.

Triste fête du 1er mai pour les travailleurs bangladais

Comme ils le font depuis plusieurs jours, des milliers de travailleurs bangladais sont de nouveau descendus dans les rues pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer la peine de mort pour le propriétaire de l'immeuble. Ce dernier tentait de fuir le pays lorsqu'il a été arrêté par les autorités bangladaises.

Mercredi, la Journée internationale des travailleurs avait une saveur amère des les rues de la capitale du pays, Dacca, où des milliers de travailleurs ont manifesté contre l'exploitation et leurs mauvaises conditions de travail.

Les Bangladais profitent traditionnellement de la fête du 1er mai pour faire valoir leurs revendications, mais la catastrophe de la semaine dernière ajoute une note tragique à l'événement. Cinq mois plus tôt, un incendie a fait 112 morts dans une autre fabrique de vêtements du pays.

Quant au propriétaire de l'édifice, Mohammed Sohel Rana, arrêté par la police alors qu'il tentait de fuir le pays, il sera accusé de négligence, de construction illégale et d'avoir contraint ses employés à travailler malgré les risques dont il connaissait l'existence.

S'il est reconnu coupable, l'homme serait passible d'une peine de sept ans de prison, mais les autorités n'ont pas indiqué si d'autres accusations s'ajouteront à la liste.

Le pape François parle d'esclavage

Cette tragédie a eu des échos jusqu'à Rome, où le pape François a condamné mercredi le « travail d'esclave » des victimes de l'effondrement.

« Le titre qui m'a vraiment frappé le jour de la tragédie du Bangladesh était "Vivre avec 38 euros par mois". C'est ce qu'étaient payés tous ces gens qui sont morts. C'est ce qu'on appelle du travail d'esclave », a déclaré le pape dans son homélie citée par la radio.

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