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Pour les Sénateurs, la rivalité avec le Canadien se vit davantage de l'intérieur

01/05/2013 05:04 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La série qui opposera le Canadien de Montréal aux Sénateurs d'Ottawa n'attise assurément pas autant les passions que si les Maple Leafs de Toronto avaient affronter le Tricolore. D'ailleurs, pour les Sénateurs, la rivalité pendant cette série se vivra davantage à l'interne.

Plusieurs des partisans francophones de l'organisation de la capitale nationale sont d'anciens partisans du Tricolore, tandis que d'autres n'ont tout simplement adopté les Sénateurs que comme une façon d'aller voir du hockey de la Ligue nationale à moindre frais.

Souvent, lors d'une visite du Tricolore à la Place Banque Scotia, le Canadien n'a pas semblé avoir moins d'appui que s'il jouait à domicile. Le défenseur Marc Methot, qui est natif d'Ottawa, souhaite que cette tendance soit renversée au cours de la présente série.

«C'est la même chose avec ma famille, a admis Methot. Tous les francophones de l'est de l'Ontario sont des partisans du Canadien. J'espère que je pourrai changer ça au cours de cette première ronde.»

Si la plupart des amateurs — et des observateurs — ont l'impression qu'il n'y a pas d'animosité entre les deux clubs, Methot est persuadé que cela changera dès jeudi soir.

«Absolument! Même dans nos rencontres cette saison, il y avait beaucoup d'énergie. Nous ne sommes certainement pas leurs amis. C'est sûr qu'en jouant contre eux en séries, ça va développer cette animosité.»

L'attaquant Guillaume Latendresse estime quant à lui que le manque d'histoire entre les deux équipes en séries est en partie responsable de l'absence relative d'engouement et de fébrilité autour de cette série. Il croit toutefois que la visibilité offerte aux Sénateurs par les médias montréalais est l'occasion rêvée pour l'équipe de démontrer ce qu'elle sait faire.

«C'est l'équipe qui a le plus d'histoire, le plus de tradition, alors c'est très plaisant pour toute l'équipe de venir disputer cette série ici au Centre Bell. (...) C'est une chance pour l'organisation. Il y a tellement de médias qui suivent le Canadien, que c'est une belle occasion pour nous de se faire voir partout dans la Ligue nationale, de montrer l'équipe qu'on a. On va tenter d'en profiter. On verra dans une semaine ou deux s'il n'y a toujours pas de rivalité.»

Et ce qu'elle sait faire, c'est notamment de frapper et de déranger l'adversaire. Chris Neil sera le principal «client» du Tricolore à ce chapitre, et le vétéran de 33 ans promet de ne pas donner une présence de répit à ses adversaires.

«Il y aura beaucoup d'échec avant et de contacts physiques: tant mieux, c'est mon style que de tenter d'épuiser l'équipe adverse. Ça a été mon rôle depuis que j'ai donné mes premiers coups de patins dans la LNH, a indiqué Neil, qui estime que les Sénateurs ont l'avantage dans cette facette du jeu. Il faut rendre la vie dure à leurs joueurs qui amassent le plus de temps de glace. Il ne faut pas que ces nombreuses minutes passées sur la patinoire soient plaisantes pour eux.»

À un collègue qui lui a demandé si Carey Price allait voir davantage de son visage ou de son postérieur, Neil a répondu avec beaucoup d'humour: «Je ne sais pas, lequel aimez-vous mieux regarder?».

Le capitaine de l'équipe, Daniel Alfredsson a aussi lancé un avertissement aux partisans des deux clubs: en vertu de l'excellente défensive des deux formations, il ne faudra pas s'attendre à du jeu excitant.

«Ce qui arrive en séries, c'est que vous devez donner tout ce que vous avez. Ça ne donne pas toujours le plus beau hockey que vous ayez jamais vu, a-t-il noté. C'est ça, le hockey de séries: de l'effort constant, une dure bagarre pour chaque parcelle de patinoire et des unités spéciales très importantes.»

«Je pense que ça va être une série chaudement disputée, a ajouté Latendresse. J'ai hâte de voir le nombre de matchs qui vont se solder par un but, parce que c'est deux bonnes équipes.»

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