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Obama veut parler économie en Amérique latine, l'immigration en embuscade

01/05/2013 04:49 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

Barack Obama va passer la fin de la semaine au Mexique et au Costa Rica pour une tournée à dominante économique, mais où il sera aussi question de la lutte contre le narcotrafic et la violence, sur fond de tentative de réforme de l'immigration aux Etats-Unis.

Le président américain est attendu jeudi en début d'après-midi à Mexico pour des entretiens suivis d'une conférence de presse et d'un dîner avec son homologue Enrique Peña Nieto, récemment investi à la tête du deuxième plus gros client et troisième fournisseur des Etats-Unis.

"Il va être beaucoup question d'économie. Nous avons passé tellement de temps sur les questions de sécurité entre les Etats-Unis et le Mexique que parfois je pense que nous oublions qu'il est un énorme partenaire commercial", a expliqué mardi M. Obama. La Maison Blanche a évoqué en particulier les progrès encore possible en matière d'éducation et d'énergie.

Le commerce entre Etats-Unis et Mexique représente 500 milliards de dollars par an et a plus que quadruplé depuis l'entrée en vigueur, il y a vingt ans, de l'Accord de libre échange nord-américain (Alena) qui englobe aussi le Canada.

"Nous voulons voir comment nous pouvons approfondir cela, comment nous pouvons l'améliorer et poursuivre ce dialogue économique à long terme", a dit M. Obama, qui avait déjà rencontré M. Peña Nieto à Washington en novembre, peu avant que ce dernier prenne la relève de Felipe Calderon.

Le nouveau dirigeant a fait de la baisse de la violence criminelle un de ses objectifs prioritaires, après six ans de violences liées au trafic de drogue qui ont coûté la vie à 70.000 personnes.

Il a insisté sur la prévention et le développement économique comme moyen d'y parvenir, plutôt que la seule option militaire à laquelle avait eu recours M. Calderon avec la coopération de Washington.

Les Mexicains "veulent élargir le programme des discussions avec les Etats-Unis, ils ne veulent pas seulement parler de sécurité, même s'ils ont encore beaucoup de problèmes en matière de sécurité" et que "le Mexique reste un énorme exportateur de drogue vers les Etats-Unis", estime Carl Meacham, directeur du programme "Amériques" au groupe de réflexion CSIS de Washington.

Toutefois, l'équipe Obama voudra obtenir des éclaircissements de ses homologues concernant leur décision de confier au puissant ministère de l'Intérieur la coordination de toutes les opérations conjointes entre Etats-Unis et Mexique.

"A l'heure actuelle, nous pensons que nous aurons une relation bonne, constructive et efficace en matière de sécurité avec le Mexique, et nous souhaitons savoir comment ils veulent aller de l'avant" dans ce dossier, affirme Ricard Zuniga, conseiller de M. Obama pour l'Amérique latine.

Il s'agira du quatrième voyage de M. Obama au Mexique depuis 2009 et de son sixième en Amérique latine, région dont il vante le dynamisme économique, réservoir potentiel de croissance pour son pays.

Après Mexico, le président se rendra vendredi au Costa Rica pour un sommet avec les dirigeants des pays d'Amérique centrale et de la République dominicaine, moins de deux mois après la disparition du président vénézuélien Hugo Chavez, contempteur de la politique américaine dans la région.

Ce voyage sera aussi l'occasion pour M. Obama, qui reviendra samedi soir à Washington, de défendre la réforme de l'immigration qu'il appelle le Congrès à adopter pour faire "sortir de l'ombre" les quelque 11 millions de clandestins, en majorité d'origine latino-américaine, vivant aux Etats-Unis.

Le Mexique partage plus de 3.000 km de frontière avec les Etats-Unis. "Le développement économique au Mexique s'attaquera en fin de compte à la racine de l'immigration illégale vers les Etats-Unis", prédit Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale de M. Obama.

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