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Déficit zéro: les syndicats sortent rassurés d'une rencontre avec Pauline Marois

01/05/2013 08:21 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Les chefs syndicaux sont sortis rassurés, mercredi, d'une rencontre avec la première ministre Pauline Marois où ils ont plaidé en faveur du report du «déficit zéro».

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, a déclaré que Mme Marois a répété qu'il n'y aura aucune autre compression dans le secteur public pour rééquilibrer les finances de l'État.

«La première ministre nous a assuré qu'il n'y aurait plus de coupes, a-t-il dit lors d'un point de presse. Donc si les entrées d'argent nécessaires ne sont pas là, on peut présumer que le déficit zéro serait reporté.»

M. Arsenault a affirmé que le «déficit zéro» ne doit pas être une «religion». Selon le chef syndical, l'austérité peut dans certains cas nuire à la reprise.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a expliqué que les politiques d'austérité au Canada risquent d'avoir des impacts négatifs sur la création d'emplois.

M. Létourneau a fait valoir que des institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international recommandent aux États de modérer leurs politiques de rigueur budgétaire.

«On est en désaccord avec la stratégie du déficit zéro à court terme, de la façon dont ils la pratique», a-t-il dit.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, a affirmé que les compressions de près de 1 milliard $ ont déjà été importantes.

Mme Chabot a soutenu que les réseaux de la santé, de l'éducation, des services sociaux et des services à la petite enfance ne pourraient pas supporter d'autres réductions de leurs budgets.

«Les compressions dans les services ont été quand même importantes depuis le dernier budget», a-t-elle dit.

Les chefs syndicaux rencontraient Mme Marois à l'occasion de la Fête des travailleurs, mercredi.

Pendant ce temps, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, a maintenu que le gouvernement souhaite rétablir l'équilibre budgétaire dès la fin de l'exercice en cours, le 31 mars 2014.

M. Bédard a affirmé lors d'un point de presse qu'un report ne ferait que repousser les efforts nécessaires à l'atteinte du «déficit zéro».

«Si on fait un déficit une année, la conséquence est qu'on doit le payer l'année d'après, mais en plus on doit payer le montant du déficit qu'on a fait l'année d'avant, alors on double la facture si on fait un déficit en 2013-14», a-t-il dit.

Au cours des derniers jours, Mme Marois a envoyé des signaux concernant la possibilité que le gouvernement reporte l’atteinte du déficit zéro.

Même si elle maintient le cap sur mars prochain pour éliminer le déficit, Mme Marois a observé récemment que les revenus de l’État sont en baisse, ce qui pourrait compliquer le retour à l’équilibre budgétaire.

L'opposition libérale soutient que la baisse des revenus pour 2012-2013, estimée à 250 millions $ au 28 mars dernier, pourrait maintenant s’élever à 450 millions $. Pour 2013-2014, calculent les libéraux, la diminution pourrait être d’au moins 560 millions $.

Mme Marois a rencontré il y a deux semaines des gens du secteur des affaires afin de discuter des options disponibles alors que les revenus sont en baisse.

Selon un reportage, la première ministre aurait évoqué avec eux l'hypothèse de reporter d'un an l'atteinte du déficit zéro.

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