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Conflit syrien: Brahimi voudrait démissionner de son poste d'émissaire de l'ONU

01/05/2013 02:24 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Lakhdar Brahimi veut quitter son poste d'envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie puisque ses efforts visant à trouver une solution politique au conflit ont échoué, ont affirmé mercredi des diplomates de l'ONU.

Selon les deux diplomates, M. Brahimi souhaite démissionner puisqu'il juge que la Ligue arabe prend une direction — celle de soutenir l'opposition syrienne — qui l'empêche, à toutes fins pratiques, de remplir son rôle de médiateur et d'initier une transition politique.

L'émissaire en a également assez des divisions au sein du Conseil de sécurité, qui ont empêché de poser des gestes concrets afin de mettre fin au bourbier syrien, ont ajouté les diplomates sous le couvert de l'anonymat.

Ce n'est pas la première fois que la rumeur du départ de M. Brahimi court dans les corridors des Nations unies.

À l'issue d'une rencontre avec le Conseil de sécurité, le 19 avril, l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères âgé de 79 ans avait affirmé aux journalistes qu'il avait pensé quitter ses fonctions, mais que ce n'était pas encore chose faite.

«Je n'ai pas démissionné, avait-il lâché. Chaque jour, je me réveille et je pense que je devrais démissionner. Mais je ne l'ai pas fait. Un jour peut-être, un jour, je quitterai, et je vous assure que vous en serez informés.»

Les diplomates estiment que ce jour viendra avant longtemps, même si Lakhdar Brahimi jouit toujours du soutien du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, du chef de la Ligue arabe, Nabil Elaraby, et des membres permanents du Conseil de sécurité — les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France.

Invité à commenter les rumeurs entourant un possible départ de l'émissaire, le porte-parole adjoint de l'ONU, Eduardo del Buey, s'est contenté de répondre: «M. Brahimi a été très clair sur ses intentions lorsqu'il s'est adressé aux médias».

Depuis l'an dernier, Lakhdar Brahimi a le mandat de faire la promotion d'un plan de paix qui comprendrait notamment la formation d'un gouvernement de transition impliquant des membres de l'opposition, ce qui écarterait le président Bachar al-Assad.

Il y a un peu plus d'une semaine, il avait brossé un sombre portrait de l'évolution des pourparlers en Syrie, affirmant au Conseil de sécurité que Damas ne collaborait absolument pas aux négociations.

Il avait également décoché quelques flèches en direction du Conseil de sécurité, qui n'arrive pas à s'entendre sur une résolution. Tandis que les nations occidentales et arabes tiennent Bachar al-Assad responsable de l'éternisation du conflit, la Russie et la Chine estiment que les rebelles sont également à blâmer.

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