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Thomson Reuters passe dans le rouge pour cause de licenciements et d'impôts

30/04/2013 12:02 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

Le groupe anglo-canadien d'informations financières Thomson Reuters a annoncé mardi être tombé dans le rouge au premier trimestre, suite au paiement d'indemnités de licenciements et d'une grosse charge fiscale.

Le groupe, qui détient l'agence de presse Reuters mais fournit surtout des informations spécialisées financières et juridiques, a accusé une perte nette de 31 millions de dollars, contre un bénéfice de 294 millions un an plus tôt.

Il justifie surtout cette perte par une charge fiscale de 235 millions de dollars, liée selon son communiqué à des simplifications et consolidations d'activités "pour améliorer son efficacité".

Le groupe, qui avait annoncé mi-février 2.500 suppressions de postes dans sa division d'écrans financiers, a également enregistré une charge de 78 millions de dollars pour des indemnités de licenciement.

Celles-ci ont aussi pesé sur sa marge d'exploitation (Ebitda), ramenée de 25,1% à 24,4%.

Thomson Reuters a fait état d'un bénéfice ajusté de 38 cents par action, supérieur aux attentes de la plupart des analystes.

"La plupart des estimations étaient basées sur 100 millions de dollars d'indemnités de licenciement au premier trimestre", relevait toutefois la banque d'investissement Canaccord dans une note, jugeant que "les chiffres sous-jacents étaient faibles".

Cet avis semblait partagé à Wall Street: l'action Thomson Reuters perdait 2,48% à 32,88 dollars vers 15H00 GMT.

Le chiffre d'affaires en particulier a déçu en reculant de 4% à 3,18 milliards de dollars.

Les médias, qui incluent notamment l'agence Reuters, n'en représentent qu'une fraction: ils affichent un chiffre d'affaires de 81 millions de dollars, en baisse de 1% sur un an.

"Environnement extérieur difficile"

La plus grosse source de revenus reste la division financière, qui chapeaute les services financiers du groupe et notamment ses écrans boursiers, qui sont en concurrence avec ceux de Bloomberg dans les banques et les salles de marché. Son chiffre d'affaires a baissé de 2% sur le trimestre, à 1,68 milliard de dollars.

Le directeur général du groupe, Jim Smith, a assuré lors d'une conférence avec des analystes que "des progrès importants" avaient été faits dans cette division, mais qu'ils ne devraient pas encore se traduire cette année sur le chiffre d'affaires, tiré surtout d'abonnements, ce qui crée un effet retard.

Le chiffre d'affaires a progressé en revanche dans les divisions juridiques (+3%), de fiscalité et comptabilité (+6%), de science et propriété intellectuelle (+11%).

Lors d'une conférence avec des analystes, le directeur financier Stéphane Bello a jugé difficile de prévoir les réductions de postes pouvant intervenir chez les clients du groupe, et se traduisant généralement par des suppressions d'abonnements.

"L'environnement extérieur reste difficile mais nous sommes sur la bonne voie", a toutefois assuré Jim Smith, s'attendant "à ce que la performance du deuxième semestre soit meilleure que celle du premier semestre".

Le groupe a confirmé sa prévision d'une croissance du chiffre d'affaires sur l'année "d'un bas pourcentage à un chiffre", pour une marge Ebitda entre 26% et 27%.

"Nous contrôlons ce qui est en notre contrôle", a relevé M. Smith, évoquant le déploiement de nouveaux produits, comme la nouvelle plateforme Eikon, désormais installée chez 47.000 clients, soit 38% de plus que fin décembre, et les efforts de réduction des coûts.

Il a aussi dit vouloir ralentir les acquisitions, avec lesquelles le groupe s'était beaucoup développé sur de nouveaux marchés ces dernières années, et se limiter en 2013 et 2014 à "des achats tactiques".

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