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Rencontre avec les syndicats: le report du déficit zéro est à l'ordre du jour

30/04/2013 07:54 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Les trois plus importantes centrales syndicales feront valoir mercredi à la première ministre Pauline Marois leurs arguments en faveur du report de l'atteinte du déficit zéro, a appris La Presse Canadienne.

Mme Marois doit rencontrer mercredi à son bureau les présidents de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Au cours des derniers jours, Mme Marois a multiplié les signaux concernant la possibilité que le gouvernement reporte l'atteinte du déficit zéro, prévu au terme de l'exercice budgétaire actuel.

Même si elle maintient le cap sur le 31 mars 2014 pour éliminer le déficit, Mme Marois a observé récemment que les revenus de l'État sont en baisse, ce qui pourrait compliquer le retour à l'équilibre budgétaire.

Une source syndicale a indiqué mardi que le report du déficit sera au nombre des sujets abordés avec la première ministre, au cours d'une rencontre à son bureau à Québec.

Les syndicats sont notamment préoccupés par le fait que dans un contexte de baisse des revenus, le retour à l'équilibre devrait s'effectuer en recourant à de nouvelles compressions, ce qui nuirait «à la classe moyenne».

Avec des rentrées d'argent moins élevées et devant les réflexions de Mme Marois, les syndicats feront valoir qu'il serait prudent et sage de reporter l'atteinte du déficit zéro.

«Il n'est pas nécessaire de courir comme un chien fou», a déclaré la source, qui a requis l'anonymat.

Mardi, à l'Assemblée nationale, le ministre des Finances Nicolas Marceau a affirmé que l'équilibre budgétaire sera atteint si les prévisions de revenus, dans la mise à jour économique présentée en mars, se réalisent.

«Les entrées qui sont celles du point que j'ai présenté le 28 mars sont celles que nous prévoyons, a-t-il dit. Et avec ce profil de revenus pour l'année qui vient, on va atteindre l'équilibre budgétaire.»

M. Marceau est d'ailleurs allé porter ce message aux milieux financiers new-yorkais, la semaine dernière.

D'autres sujets seront abordés au cours de la rencontre avec les trois chefs syndicaux, mercredi, une tradition avec laquelle Mme Marois renoue à l'occasion de la Fête des travailleurs.

Michel Arsenault, de la FTQ, Louise Chabot, de la CSQ, et Jacques Létourneau, de la CSN, presseront le gouvernement Marois de combattre les politiques fédérales qu'ils dénoncent depuis plusieurs semaines.

Ils parleront notamment de la réforme de l'assurance-emploi, de l'abolition progressive des crédits d'impôts pour les fonds de travailleurs ainsi que de la loi C-377 portant sur l'obligation des organisations syndicales de fournir des informations financières.

Au cabinet de la première ministre, la porte-parole Marie Barrette a confirmé qu'il était prévu de discuter avec les syndicats des litiges avec Ottawa qui les préoccupent.

Mais Mme Barrette ne s'est cependant pas avancée sur la possibilité que le report du déficit zéro soit abordé pendant les échanges.

«Je n'en ai pas la moindre idée, je n'ai pas l'ordre du jour des syndicats et des sujets qu'ils souhaitent aborder», a-t-elle dit.

En Chambre, mardi, le chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a affirmé que la baisse des revenus pour 2012-2013, estimée à 250 millions $ au 28 mars dernier, pourrait maintenant s'élever à 450 millions $.

Pour 2013-2014, a ajouté M. Fournier, la baisse de revenus pourrait être d'au moins 560 millions $.

«La première ministre a dit le contraire de ce qu'a dit son ministre des Finances à New York, a-t-il dit. À l'émission Larocque Lapierre, elle a dit que la baisse de revenus de l'État mettait en péril l'atteinte du déficit zéro.»

À la fin de mars, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a révisé de 565 millions $ à la baisse les recettes du gouvernement en 2013-2014, année du retour au déficit zéro.

M. Marceau a aussi annoncé que Québec puiserait 200 millions $ dans une provision pour compenser cette diminution de revenus, attribuable à une baisse de la consommation des ménages et des recettes tirées de l'impôt des sociétés.

La réduction du service de la dette de 85 millions $, attribuable aux taux d'intérêt plus faibles que prévu, et l'augmentation des paiements de péréquation, de 280 millions $, ont aussi compensé cette baisse.

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