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L'indépendance énergétique des USA est une idée "naïve" (ministre saoudien)

30/04/2013 01:19 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

L'idée que les Etats-unis puisse atteindre l'indépendance énergétique grâce à la hausse de leur production pétrolière est "naïve" et le pays continuera d'avoir besoin de s'approvisionner au Moyen-Orient, a estimé mardi le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi.

L'essor de l'exploitation du pétrole de schiste "transforme le secteur énergétique en Amérique et c'est une très bonne nouvelle", a-t-il déclaré lors d'une conférence au Centre d'études stratégiques et internationales à Washington.

"Cela apporte du soutien à l'économie américaine et permet de créer des emplois à une période difficile", a-t-il ajouté.

Mais il n'est pas réaliste de penser que le boom du secteur pétrolier dans le pays va permettre aux Etats-Unis de mettre un terme à ses importations de brut, un objectif que certains responsables américains jugent essentiel pour assurer la sécurité du pays, selon M. Nouaïmi.

Pour preuve selon lui, malgré la récente hausse de la production dans le pays, les importations de brut depuis le Moyen-Orient se sont affichées au second semestre 2012 à leur plus haut niveau depuis les années 1990.

Les Etats-Unis "vont continuer à répondre à la demande intérieure en ayant recours à différentes sources, y compris le Moyen-Orient. C'est du bon sens économique", a estimé le responsable saoudien

"Je pense que cette idée de ne plus dépendre (d'autres sources) correspond à une vision naïve et plutôt simpliste", a-t-il ajouté.

Le ministre a par ailleurs affirmé que l'annonce faite la veille par un autre responsable saoudien d'augmenter la production journalière de 12,5 millions de barils à 15 millions d'ici 2020 relevait d'un malentendu.

Le prince saoudien Turki al-Fayçal, un influent membre de la famille régnante, a déclaré lundi au cours d'une conférence à l'université Harvard que le pays prévoyait "d'augmenter sa capacité totale de production (pour la faire passer) à 15 millions de barils par jour" et "ses capacités d'exportation à 10 millions de barils par jour d'ici 2020".

"Nous n'avons pas prévu" de faire ça", a assuré M. Naimi mardi. "Nous ne voyons pas vraiment l'intérêt d'aller au-delà de nos capacités actuelles".

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