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Le libéral Guy Ouellette se retrouve sur la sellette à cause d'un témoignage

30/04/2013 02:20 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Un député libéral s'est retrouvé sur la sellette, mardi, à la suite du témoignage devant la Commission Charbonneau d'un organisateur électoral spécialiste des scrutins clés en main et du contournement des lois.

Guy Ouellette, un ancien policier, a affirmé que Gilles Cloutier a travaillé brièvement à sa campagne électorale de 2007, dans la circonscription de Chomedey.

M. Ouellette a été avare de commentaires. Il s'est contenté de répéter qu'après l'annonce de sa candidature par l'ex-premier ministre Jean Charest, M. Cloutier lui avait été référé par une personne qu'il a refusé d'identifier.

«Après avoir été annoncé comme candidat par M. Charest, le 24 février, on m'a référé un organisateur», a-t-il dit lors d'un point de presse avant une réunion des députés libéraux.

«Je n'ai pas à protéger personne», a-t-il ajouté ensuite.

À Montréal, la commission sur la construction présidée par France Charbonneau a commencé à entendre M. Cloutier qui, à titre de responsable du développement des affaires pour deux firmes de génie-conseil, a organisé des élections clés en main dans plusieurs municipalités, en retour d'une part des contrats municipaux pour les entreprises.

M. Cloutier a expliqué en détail comment il utilisait des prête-noms pour financer des partis politiques ainsi que d'autres stratagèmes pour contourner la loi électorale.

À l'Assemblée nationale, M. Ouellette a affirmé aux journalistes qu'il avait congédié M. Cloutier après une collaboration de seulement 12 jours, sans préciser les motifs.

«Lors de son départ, j'ai référé aux autorités compétentes le pourquoi du comment pourquoi (sic) il n'a été à mon service seulement que 12 jours», a-t-il dit.

Là encore, M. Ouellette n'a pas voulu indiquer de qui il parlait. Le député a affirmé qu'il réserve cette information à la Commission Charbonneau si nécessaire.

«Je vais laisser la commission faire son travail, si j'ai à témoigner devant la commission. Les autorités compétentes sont au courant de toute l'information par rapport à cette journée», a-t-il dit.

Devant la commission, M. Cloutier a déclaré que M. Ouellette avait appris que le Bureau de la concurrence enquêtait sur lui.

M. Cloutier a appris le motif de son congédiement notamment du directeur de cabinet de l'ex-ministre libérale Michelle Courchesne, responsable de la région de Laval à ce moment.

M. Cloutier a aussi soutenu que les partis politiques québécois ne reçoivent qu'entre 15 et 20 pour cent de financement d'électeurs, le reste provenant de sources illicites.

Il a également affirmé avoir contribué au financement illégal de la campagne référendaire du camp du Non, en 1995, avec des dépenses publicitaires, ce qui a fait bondir les péquistes à Québec.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a affirmé que cela s'ajoute au financement illégal du grand rassemblement qui s'est tenu au centre-ville de Montréal, le «love-in».

«C'est une preuve de plus que les fédéralistes ont essayé d'acheter le résultat du référendum, ont essayé d'acheter la conscience des Québécois», a-t-il dit.

Quant aux affirmations de M. Cloutier à l'effet que le Parti québécois est financé illégalement à hauteur de 30 pour cent, M. Drainville les a minimisées.

«Je me méfierais de ce chiffre venant d'un collecteur libéral, a-t-il dit. (...) Je me fie aux aveux qu'il a faits concernant le financement du PLQ.»

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