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Echange de territoires Israël/Palestine: Kerry salue le oui des pays arabes

30/04/2013 01:47 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a salué mardi l'inflexion annoncée la veille par la Ligue arabe sur son initiative de paix au Proche-Orient datant de 2002 et acceptant le principe d'un échange de territoires entre Israël et les Palestiniens.

"C'est un très grand pas en avant", s'est félicité M. Kerry lors d'un point de presse, au lendemain d'une réunion qu'il a conduite avec des ministres des Affaires étrangères de pays membres de la Ligue arabe.

"Contrairement à la proposition d'origine qui ne parlait que des lignes de 1967 et de rien d'autre, ils (les pays arabes, ndlr) ont déclaré hier qu'ils étaient prêts à accepter les frontières de 1967 avec des ajustements reflétant un accord mutuel sur des échanges de territoires", a expliqué le chef de la diplomatie américaine.

"Je pense que c'est significatif", a insisté M. Kerry après des entretiens avec son homologue espagnol José Manuel Garcia-Margallo.

"Nous avons beaucoup de travail à faire, beaucoup de gros obstacles à surmonter", a toutefois prévenu le ministre américain, très impliqué depuis son entrée en fonction il y a trois mois dans une tentative de relance du processus de paix israélo-palestinien gelé depuis septembre 2010.

Lors de la réunion de lundi à Washington entre la délégation de la Ligue arabe et M. Kerry, le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Hamad ben Jassem al-Thani, dont le pays préside le comité de suivi d'une initiative de paix arabe, s'était dit favorable à un "échange mineur de territoire comparable et mutuellement accepté".

Les précédentes négociations sur les frontières portaient déjà sur l'échange de territoires, qui permettrait à Israël de conserver les blocs de colonies les plus peuplés. Les Palestiniens et la Ligue arabe exigent qu'elles se fondent sur les lignes d'avant la guerre de 1967, une référence catégoriquement exclue par Israël.

L'initiative de paix arabe avait été lancée en 2002 par l'Arabie saoudite, puis endossée par la Ligue arabe. Elle propose à Israël une normalisation des relations avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires occupés depuis juin 1967, la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et d'un règlement "équitable et agréé" de la question des réfugiés palestiniens fondé sur la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le 9 avril, au terme de sa dernière visite en Israël et dans les Territoires palestiniens, M. Kerry avait qualifié cette initiative "d'importante contribution au dialogue".

"La communauté des pays arabes --et je crois qu'elle doit être remerciée pour cela-- a jugé qu'il y avait un espace pour venir à Washington, en délégation de la Ligue arabe, pour dire clairement qu'elle relançait l'initiative de paix arabe", a-t-il salué.

Il a ensuite détaillé ce que pourraient être les contours d'un réglement de paix en Proche-Orient.

"Si les Palestiniens et les Israéliens parviennent à un accord final, alors les 22 pays arabes et les 57 pays musulmans membres de l'Organisation de la coopération islamique seront tous d'accord: ils considèreraient que le conflit serait terminé, ils poseraient les bases d'une normalisation des relations avec Israël, ils lanceraient des négociations de paix avec Israël et ils apporteraient la sécurité pour tous les Etats de la région", a égrené M. Kerry.

nr/lb

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