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Des témoins décrivent les violences qui ont fait 187 victimes au Nigeria

30/04/2013 10:04 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT

BAGA, Nigeria - Des témoins ont indiqué que des soldats ont volontairement incendié les maisons des résidants dans un village du nord-est du Nigeria où 187 personnes sont mortes au cours des combats entre des militaires et des extrémistes islamistes, ce qui vient contredire les propos tenus par le gouvernement.

Les témoins ont parlé à la presse étrangère, qui est arrivée mardi à Baga, un village de pêcheurs près du lac Tchad, en compagnie d'une escorte militaire. Les violences ont marqué l'attaque la plus dévastatrice liée au mouvement de la révolte islamiste au Nigeria.

Les résidants ont déclaré que les soldats avaient ciblé spécifiquement les civils lors de leur riposte. Ces propos contredisent ceux tenus par les représentants du gouvernement nigérian, qui ont tenté de dédramatiser les meurtres.

La bataille de Baga a débuté le 19 avril et a duré plusieurs heures, forçant les résidents à fuir vers les régions arides. Les dirigeants de l'État de Borno ont enfin atteint la ville le 21 avril et un membre du gouvernement local a déclaré qu'au moins 185 personnes avaient été tuées — ce qui n'a pas été nié par le brigadier-général ayant participé à la visite.

Les dirigeants n'ont pu faire le décompte entre les décès civils et ceux des soldats et des combattants extrémistes. Plusieurs corps n'étaient pas identifiables puisqu'ils ont été brûlés par les incendies qui ont rasé des sections entières du village, selon les résidents. Ceux qui ont été tués ont été enterrés dès que possible, selon les traditions musulmanes locales. La Croix-Rouge nigériane a déclaré plus tard qu'au moins 187 personnes étaient décédées.

Les autorités nigérianes, qui tentent souvent de minimiser l'importance des pertes, continuent de dire que moins de personnes sont décédées lors des violences à Baga. Mardi, un porte-parole du président a déclaré par communiqué que «beaucoup de mauvaises informations étaient rapportées par rapport à la situation à Baga». On pouvait aussi lire que «le président a dit que ce qui s'est produit à Baga est regrettable et malheureux», mais on ne mentionne pas pour quelles raisons.

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