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Renforts médicaux à Guantanamo pour surveiller de près la grève de la faim

29/04/2013 01:25 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

Les autorités militaires ont annoncé lundi l'arrivée de renforts médicaux à la prison de Guantanamo, touchée depuis bientôt trois mois par une grève de la faim qui affecte désormais 60% des détenus.

Une quarantaine de personnels médicaux de la US Navy, parmi lesquels des infirmières et des spécialistes, sont arrivés pendant le week-end sur la base américaine érigée à Cuba, a indiqué dans un communiqué le lieutenant-colonel Samuel House. Il a précisé que ces renforts avaient été prévus "il y a plusieurs semaines, face à un nombre croissant de détenus choisissant de dénoncer leur détention".

"Maintenant que nous avons évalué tous les détenus et avons commencé à les soigner, ces renforts nous aideront à alléger le fardeau que la grève de la faim fait peser sur la mission régulière de notre personnel", a-t-il précisé à l'AFP.

Le nombre de détenus en grève de la faim est resté stable dimanche et lundi, après avoir passé la barre des 100 samedi, sur une population carcérale de 166, a ajouté le porte-parole de la prison.

Mais 21 d'entre eux sont désormais alimentés par des tubes reliés directement à l'estomac par la cloison nasale, selon le lieutenant-colonel House. Et parmi eux, cinq étaient toujours hospitalisés, a-t-il ajouté.

Il a précisé à l'AFP "qu'aucun détenu n'était près de mourir", démentant formellement les allégations d'un historien de Guantanamo.

Le spécialiste britannique de la prison Andy Worthington a estimé sur son blog que "quatre prisonniers étaient proches de la mort" en raison de la grève de la faim, citant une "source crédible à l'intérieur de Guantanamo".

Il précise que parmi ces quatre détenus, figure Khiali Gul, un Afghan qui fait partie des 86 détenus que l'administration Obama a jugés "libérables faute de preuves".

"C'est le droit des détenus de protester. Cependant, c'est notre mission de leur fournir un environnement sain, humain et sûr et nous ne laisserons pas nos prisonniers mourir de faim", avait déclaré récemment à l'AFP le lieutenant-colonel House.

La grève de la faim était lundi à son 83e jour et entrait dans sa 12e semaine. Selon les avocats, le mouvement a été déclenché le 6 février quand des corans avaient été examinés d'une manière que les prisonniers ont jugée blasphématoire. Mais la plupart des protestataires dénoncent maintenant plus largement leur détention illimitée depuis 11 ans, sans inculpation ni procès.

Vendredi, la Maison Blanche avait indiqué qu'elle continuait à "suivre de près" la grève de la faim, réaffirmant "l'engagement du président Barack Obama à fermer la prison".

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