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Phoenix Sinclair : l'ex-protectrice des enfants du Manitoba se montre acerbe

29/04/2013 07:00 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

Les services sociaux heurtent les familles autochtones de la même façon que l'oni fait les pensionnats autochtones, croit l'ancienne protectrice des enfants du Manitoba, Billie Schibler.

Poursuivant son témoignage lundi devant la Commission d'enquête sur la mort de la petite Phoenix Sinclair, Billie Schibler a tiré à boulets rouges sur les Services à l'enfant et à la famille du Manitoba.

Durant son contre-interrogatoire, elle a dénoncé le manque de financement pour les services de première ligne de soutien aux familles, ainsi que le trop grand nombre de dossiers par travailleur social, à l'époque où Phoenix était sous la garde de l'État.

La témoin a concentré ses tirs sur le transfert de responsabilités survenu entre la Régie générale des services à l'enfant et à la famille du Manitoba et les agences de services sociaux autochtones. Elle croit que le transfert doit être revu, car il ne serait pas mis en oeuvre comme il devait l'être, demeurant un « système très patriarcal ».

Des familles séparées

Selon Mme Schibler, les conséquences de séparer des enfants de leurs familles et de leur culture apparaissent quand ces enfants deviennent parents. Ils montrent de la difficulté à être de bons parents et à être attachés à leurs enfants, a-t-elle expliqué.

Pour réparer ce tort, elle a réclamé que la Commission de vérité et réconciliation se penche sur l'impact des interventions des services sociaux, comme elle le fait pour l'impact des pensionnats autochtones.

Mme Schibler estime que les services sociaux au Canada doivent avoir une meilleure compréhension des peuples autochtones. « Parfois, il faut se mettre dans les mocassins d'une personne » pour la comprendre, a-t-elle lancé.

L'enquête publique sur la mort de Phoenix Sinclair, une fillette retrouvée enterrée en mars 2006 dans la réserve de Fisher River, doit déterminer comment l'enfant de cinq ans a pu échapper à la vigilance d'un système censé la protéger.

La mère et le beau-père de Phoenix Sinclair ont été condamnés à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, pour le meurtre prémédité de la fillette.

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