NOUVELLES

Ottawa doit adopter une loi contre l'achat d'organes humains à l'étranger

29/04/2013 10:06 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

Ottawa doit adopter une loi empêchant les Canadiens d'acheter des organes humains à l'étranger, a suggéré, lundi, un procureur canadien qui a mené une cause marquante contre plusieurs trafiquants d'organes humains au Kosovo.

Alors que l'échange commercial d'organes humains est illégal dans la plupart des pays, il n'existe aucune loi empêchant des citoyens canadiens de prendre part à ce qui est connu sous le nom de «tourisme de transplantation», a affirmé Jonathan Ratel, lors d'une entrevue téléphonique depuis Pristina, la capitale du Kosovo.

Selon M. Ratel, les Canadiens peuvent sortir de leur propre pays et se rendre en Asie, en Afrique et en Europe de l'Est pour y acheter des organes sur le marché noir, à des fins de transplantation, et de rentrer au Canada.

M. Ratel, qui travaille pour la mission EULEX Kosovo, a fait déposer des accusations contre sept personnes soupçonnées d'avoir dirigé un réseau international de trafic d'organes, au sein duquel de pauvres donneurs, incités par des promesses financières, acceptaient de céder des reins.

Un tribunal de Pristina a déclaré deux d'entre elles coupables de trafic humain et de crime organisé, lundi.

Un comité de trois juges a condamné l'urologue Lutfi Dervishi à huit ans de prison, et son fils Arban Dervishi, à sept ans et trois mois.

Un troisième défendeur, Sokol Hajdini, a reçu une peine d'emprisonnement de trois ans pour avoir causé de graves blessures corporelles. Deux autres ont écopé de sentences suspendues tandis que les deux derniers ont été libérés.

Au moins 24 transplantations de reins, impliquant 48 donneurs et bénéficiaires, ont été effectuées en 2008 et 2009, la période couverte par l'affaire.

Un citoyen canadien, qui a admis avoir acheté un rein sur le marché noir à l'étranger, a fait partie des quelque 100 témoins durant le procès, qui s'est amorcé en décembre 2011.

Raul Fain, qui résidait à Toronto, s'est envolé vers Istanbul, en Turquie, puis Pristina, en 2008, pour subir une opération, selon des procureurs.

Il n'a jamais été accusé dans cette affaire et il est décédé peu de temps après avoir témoigné par liaison télévisuelle en 2011, a confié M. Ratel, ajoutant croire que la transplantation a été un «facteur contribuant» à sa mort.

Le procès a permis d'apprendre que des victimes s'étaient fait promettre des sommes d'argent variant entre 10 000$ et 12 000$ en retour de leurs reins, mais que plusieurs des donneurs n'ont jamais été payés.

PLUS:pc