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Karzaï confirme que la CIA a versé de l'argent au conseil de sécurité afghan

29/04/2013 02:57 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

KABOUL - Le président afghan, Hamid Karzaï, a reconnu lundi que le Conseil national de sécurité de l'Afghanistan avait reçu de l'argent de la part des services de renseignements américains durant les 10 dernières années.

Interrogé au sujet d'un article publié par le New York Times, M. Karzaï a confirmé que la CIA avait versé des dizaines de millions de dollars au Conseil sous forme de paiements mensuels livrés dans des valises, des sacs à dos et des sacs en plastique.

Durant une conférence de presse à Helsinki, en Finlande, où il effectue une visite officielle, le leader afghan a affirmé que les versements mensuels n'étaient pas très élevés, sans toutefois préciser de montant.

Hamid Karzaï a indiqué que l'argent avait notamment permis d'aider des gens blessés ou malades et de payer des loyers. Il a assuré que cette aide financière avait été utile et très appréciée.

Dans le texte du New York Times, Khalil Roman, qui a été le chef de cabinet adjoint de M. Karzaï de 2002 à 2005, affirme que les paiements de la CIA constituaient de «l'argent fantôme» qui «arrivait en secret et repartait en secret».

Le journal cite aussi des représentants du gouvernement américain non identifiés soutenant que les versements ont servi à alimenter la corruption en Afghanistan et à renforcer le pouvoir des seigneurs de guerre tout en nuisant à la stratégie des États-Unis pour se retirer du pays.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a refusé lundi de commenter la nouvelle et a demandé aux journalistes d'adresser leurs questions à la CIA, qui a aussi refusé de commenter.

En 2010, l'Iran avait admis avoir envoyé des fonds à l'Afghanistan pendant de nombreuses années, mais avait affirmé que l'argent visait à reconstruire le pays et non à influencer le gouvernement de Hamid Karzaï. Ce dernier avait confirmé avoir reçu des millions de dollars de Téhéran de même que des «sacs d'argent» de la part de Washington.

À l'époque, l'attaché de presse du président Barack Obama, Robert Gibbs, avait nié que le gouvernement américain avait recours à ce genre de procédé, mais l'ancien porte-parole du département d'État P.J. Crowley avait révélé qu'une partie de l'aide fournie par les États-Unis à l'Afghanistan était en argent liquide.

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