NOUVELLES

Après des années de vache maigre, l'AGP envisage l'avenir avec optimisme

29/04/2013 01:45 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

SAINT-LAMBERT, Qc - Depuis que Carl Desjardins a frappé à la porte du défunt circuit Nationwide — aujourd'hui le circuit Web.com — en 2005, aucun golfeur professionnel québécois n'a réussi à atteindre un circuit de golf majeur.

Une traversée du désert qui dure depuis près de 10 ans, et qui a incité le directeur général de l'AGP du Québec, Jean Trudeau, à donner un coup de barre pour corriger la situation au cours des dernières années.

Il y a certes Maude-Aimée Leblanc et Sara-Maude Juneau qui brillent sur le circuit de la LPGA. Mais force est de constater que leurs compatriotes masculins peinent toujours à se tailler une place parmi l'élite de la discipline.

«Aujourd'hui, on encadre les jeunes dès le secondaire, et c'est drôle à dire, mais c'est ici qu'il y a le circuit de golf le plus lucratif au Canada, a souligné récemment Trudeau en entrevue à La Presse Canadienne.

«Nous le voyons lorsqu'on rencontre les joueurs des autres provinces, ne serait-ce qu'au niveau de la Coupe Titleist — un genre de Coupe Ryder entre le Québec et l'Ontario —, où nous avons remporté 15 des 16 derniers affrontements. Nous sommes ultra-dominants.»

Pourtant, ces résultats encourageants sur la scène canadienne ne se traduisent pas par des résultats concrets sur des circuits majeurs nord-américains ou européens.

Présentement, le Saskatchewanais Graham DeLaet, les Ontariens David Hearn et Mike Weir et l'Albertain Stephen Ames sont les seuls représentants de l'unifolié sur le circuit de la PGA.

Le même phénomène est observable sur le circuit des Champions, où seuls l'Ontarien Rod Spittle et le Britanno-Colombien Jim Rutledge sont des réguliers.

Mais pour que les golfeurs québécois parviennent à rivaliser avec les meilleurs de leur discipline et à connaître du succès, il faut les préparer en les encadrant étroitement pendant de nombreuses années.

«Ce n'est qu'une question de temps (pour qu'un golfeur perce). Le programme golf-étude a été instauré en 1995 et nous avons encouragé la mise sur pied d'un programme de golf notamment à l'Université Laval et à l'Université de Montréal afin d'éviter que les jeunes s'exilent aux États-Unis pour pratiquer leur sport, a rappelé Trudeau. On peut donc les encadrer au niveau secondaire, collégial et universitaire. Une nouvelle relève s'est créée.»

Le système que les golfeurs doivent emprunter pour accéder à la PGA américaine sera également modifié en 2014. Il devrait faciliter, selon Trudeau, l'éclosion d'un éventuel golfeur québécois capable de rivaliser avec les Tiger Woods et Rory McIlroy de ce monde, à condition qu'il réussisse à l'intégrer.

«La machine, elle est difficile à mettre en marche. Mais la PGA américaine a modifié sa structure en adoptant le principe de l'entonnoir, ce qui oblige les golfeurs à passer par les différents circuits domestiques — comme le circuit PGA Tour Canada — pour accéder au circuit Web.com en 2014, a imagé Trudeau. Et si tu performes sur ce circuit-là, alors tu t'en vas dans la PGA en 2015.

«Bref, la structure s'est beaucoup améliorée et je pense qu'avec ça, on devrait voir dans les prochaines années des Québécois graviter dans ces circuits. Je pense vraiment que les éléments sont en place pour qu'on puisse voir un Québécois, à court ou moyen terme, accéder aux circuits majeurs.»

Laforce et l'effet d'entraînement

Chez les seniors, la situation est appelée à changer dès cette saison puisque Jean Laforce s'est qualifié l'hiver dernier pour le circuit senior européen. Il est ainsi devenu le premier golfeur québécois de l'histoire à accomplir cet exploit, à sa cinquième tentative en carrière.

«Je suis obligé de déménager là-bas parce que je suis le deuxième substitut du circuit, a expliqué Laforce, qui habitera à Lyon, en France, cette saison.

«J'ai envoyé un courriel au responsable du circuit en Angleterre, et il m'a dit que c'était la meilleure option parce qu'en 2011-2012 les joueurs qui avaient mon statut ont joué tous les événements, incluant l'Omnium britannique senior. Le directeur du tournoi m'a même dit que mes chances d'y participer étaient de 95 pour cent. Je suis très emballé, je ne m'attendais pas du tout à ça.»

Loin d'être déçu de voir Laforce quitter pour l'Europe, Trudeau espère maintenant que cet exploit crée un effet d'entraînement sur les autres golfeurs seniors du circuit québécois.

«Tant mieux s'il faut que nos meilleurs éléments quittent pour connaître du succès à l'étranger. S'ils peuvent performer et atteindre un niveau de jeu supérieur, moi je serai fier, et encore davantage si un deuxième ou un troisième vont le rejoindre l'an prochain, a dit Trudeau.

«Tout ça, au contraire, va rejaillir sur le circuit de l'AGP, sur l'ensemble des professionnels, et tout le monde va en ressortir gagnant. La relève sera gagnante et nous, nous serons gagnants.»

Une observation corroborée par Laforce, qui avait terminé dernier la saison dernière au Championnat de Montréal.

«Marc Girouard et Ben Boudreau m'ont accompagné l'an dernier en Europe, et Marc est passé très près de se qualifier, s'est rappelé le golfeur de 54 ans. Cette saison, je crois qu'ils ne pouvaient s'y rendre faute de commanditaires, mais je suis certain qu'ils vont revenir à la charge l'an prochain. Surtout après ma réussite, ça les a encouragés un peu.»

PLUS:pc