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Abousfian Abdelrazik veut des documents liés à sa détention au Soudan

29/04/2013 04:13 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le Montréalais Abousfian Abdelrazik, qui croit que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a joué un rôle dans sa détention prolongée à Khartoum, presse le gouvernement du Soudan de lui remettre des documents traitant de son dossier.

Appuyé par une dizaine de sympathisants, M. Abdelrazik s'est rendu en personne aux locaux de l'ambassade du Soudan à Ottawa, lundi, et a présenté une lettre dans laquelle il demande des documents qui pourraient préciser le rôle du Canada dans l'épreuve qu'il a dû endurer.

L'homme de 51 ans veut également que le gouvernement du Canada rende publiques des notes de service qui permettraient de résoudre des questions qui perdurent, et répare les torts qui lui auraient été causés après avoir été détenu et victime de torture pour de présumés liens terroristes.

Devant des sympathisants réunis à l'extérieur de l'ambassade, dans un quartier résidentiel situé tout juste à l'est de la Colline parlementaire, M. Abdelrazik a notamment réclamé des excuses.

Le Montréalais, qui nie toute implication terroriste, est arrivé d'Afrique en tant que réfugié en 1990, et a obtenu sa citoyenneté canadienne cinq ans plus tard. Il a été arrêté lors d'un séjour au Soudan, en 2003, alors qu'il rendait visite à sa mère malade, mais n'a jamais été formellement accusé.

M. Abdelrazik affirme que pendant sa détention au Soudan, des représentants du SCRS l'ont questionné au sujet de possibles liens extrémistes. Il soutient aussi avoir été torturé par des responsables des services de renseignement soudanais lors de deux séjours distincts en détention, mais le Canada a dit n'en avoir jamais entendu parler.

Quelques jours après sa deuxième remise en liberté, en juillet 2006, le nom de M. Abdelrazik est apparu sur une liste noire du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui l'empêchait de prendre l'avion pour rentrer au Canada.

Il y a exactement cinq ans, le 29 avril 2008, il a pu se réfugier dans les locaux du consulat canadien à Khartoum, mais Ottawa a refusé de lui fournir un document qui lui aurait permis de rentrer au pays. Au coeur d'un important battage médiatique, il est finalement rentré à Montréal en juin 2009.

Ce même mois, la Cour fédérale a conclu que le SCRS avait été complice dans la détention de M. Abdelrazik en 2003. En septembre 2009, il a intenté une poursuite contre le gouvernement canadien réclamant compensation, un litige qui n'est toujours pas réglé.

L'avocat de M. Abdelrazik, Paul Champ, a déclaré lundi à ses sympathisants que le gouvernement du Canada avait dévoilé 8000 documents, totalisant quelque 45 000 pages, dans le cadre des procédures judiciaires. «Mais plus du tiers est complètement caviardé», a confié Me Champ. «Beaucoup d'informations demeurent donc secrètes.»

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