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Les cliniques boudent le dossier de santé informatisé

28/04/2013 04:28 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT

La majeure partie des cliniques et des pharmacies du Québec n'ont toujours pas accès au Dossier Santé Québec (DSQ). Le gouvernement a pourtant injecté 420 millions de dollars dans ce projet.

Lancé en 2006 par l'ancien ministre de la Santé Philippe Couillard, le projet vise à brancher à un même réseau informatique les hôpitaux, les cliniques et les pharmacies. Mais les résultats se font attendre.

Marc Leclerc est pharmacien à Mascouche. Il s'est branché au DSQ en espérant recevoir des ordonnances sous forme électronique. Mais un an plus tard, il ne reçoit pratiquement rien. « On a vraiment hâte d'avoir accès à plus d'information de notre côté », dit-il.

Seulement 2 % des cliniques se sont branchées au DSQ. Du côté des pharmacies et des hôpitaux, l'adhésion est plus élevée. Malgré tout, seulement 19 % des pharmacies  et 21 % des hôpitaux sont branchés au réseau. Au total, 39 cliniques et 334 pharmacies se sont inscrites.

Pour le moment, seulement quatre des régions administratives du Québec comptent des professionnels de la santé qui sont branchés au réseau (voir la carte).

« [Le DSQ n'est presque pas disponible] mis à part dans la région de la Capitale nationale, où il commence à y avoir un développement significatif dans les pharmacies, et ailleurs on est au début », dit Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. « Tant qu'on n'a pas un déploiement qui est quasi complet dans une région, pour un médecin, c'est beaucoup moins intéressant d'adhérer au DSQ », poursuit-il.

Chez les pharmaciens, on demande au gouvernement du Québec d'accélérer l'informatisation du réseau de la santé et le déploiement du DSQ.

« On demande au ministère d'appuyer sur l'accélérateur. J'espère que le message va être entendu », dit Jean Thiffault, président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

Les médecins affirment que le déploiement du DSQ va s'accélérer, maintenant qu'ils ont signé une entente avec le gouvernement du Québec pour informatiser leurs cliniques, au coût de 60 millions de dollars sur quatre ans. Quant au ministre de la Santé, il a décliné nos demandes d'entrevues, tout comme la sous-ministre responsable du dossier.

D'après un reportage de Jean-Philippe Robillard

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