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Portrait: Bjarni Benediktsson, probable futur Premier ministre de l'Islande

27/04/2013 09:04 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT
AFP

REYKJAVIK (AFP) - Le probable futur Premier ministre de l'Islande, le conservateur Bjarni Benediktsson, est un jeune homme politique de 43 ans qui a profité d'un mécontentement aigu pour arriver au pouvoir.

S'il réussissait à former une coalition parlementaire pour prendre le poste, M. Benediktsson pourrait passer pour chanceux.

D'après les premières estimations, son parti, le Parti de l'indépendance (droite), signe en effet le deuxième plus mauvais score depuis la fondation de la République en 1944. Pourtant il serait en tête.

"Je ne suis pas, bien sûr, ravi de cela. Mais des sondages précédents prédisaient bien pire, donc ce soir je suis reconnaissant", a-t-il déclaré sur la télévision publique RUV.

Son parti a bénéficié de la chute des sociaux-démocrates, impopulaires après quatre ans de rigueur budgétaire, et d'un recul du Parti du progrès (centriste et agrarien) dans la dernière ligne droite avant le scrutin.

Qui plus est, M. Benediktsson a failli être éjecté de la direction de son parti. A quelques semaines du scrutin, il était contesté en interne après un sondage montrant qu'il ferait mieux de céder la place à son adjointe, Hanna Birna Kristiansdottir.

Le 11 avril, il disait à la télévision, visiblement ému, devoir réfléchir sur son avenir. Puis après deux jours de silence, il annonçait solennellement devant son parti qu'il continuait sa campagne.

D'après la presse islandaise, ce moment a constitué un tournant, donnant une image plus chaleureuse d'un candidat qui peinait à séduire. Il a alors commencé à prendre l'ascendant sur ses rivaux.

Avocat de formation, reconverti en homme d'affaires, il est parlementaire depuis 2003, et président de son parti depuis 2009.

Même s'il devrait succéder à une sociale-démocrate de 70 ans, Johanna Sigurdardottir, beaucoup d'Islandais ne voient pas en lui la garantie d'un renouvellement.

Il est issu d'une famille faisant partie de l'élite financière du pays, celle-là même qui avait été la cible des manifestations inédites de début 2009 ayant provoqué des élections législatives anticipées.

Les adversaires de M. Benediktsson critiquent son rôle supposé dans les transactions suspectes de la troisième banque du pays avant la crise financière, Glitnir.

Sur la foi de révélations de la presse, mais sans que la Justice l'ait mis en cause, ils l'accusent d'avoir bénéficié, lui et d'autres membres de sa famille, d'un prêt de cette banque début 2008, à un moment où elle était en grave difficulté. Il aurait servi à rembourser un autre prêt contracté pour acheter des actions Glitnir.