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L'Italie forme un nouveau gouvernement après deux mois d'impasse politique

27/04/2013 11:55 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT

ROME - Une coalition des forces conservatrices de Silvio Berlusconi et de ses rivaux du centre-gauche ont formé un nouveau gouvernement italien, samedi, une alliance pour le moins inhabituelle qui a mis fin à l'impasse de deux mois qui a suivi les dernières élections dans ce pays au bord de la récession.

Ce tour de force est l'oeuvre d'Enrico Letta, un leader de centre-gauche qui sera désigné premier ministre dimanche en compagnie du nouveau cabinet au palais présidentiel.

M. Letta, âgé de 46 ans, est un modéré doté d'une réputation de bâtisseur de ponts politiques. Il est également le neveu de l'ancien conseiller de longue date de Berlusconi, Gianni Letta, une relation vue comme facilitant les interactions parfois difficiles entre les deux principaux partenaires de la coalition.

Le principal conseiller politique de Berlusconi, Angelino Alfano, hérite quant à lui des postes de vice-premier ministre et de ministre de l'Intérieur. Il est également un ancien ministre de la Justice et fut l'architecte de lois qui, affirment des détracteurs, ont été conçues pour aider Berlusconi dans le cadre de ses ennuis judiciaires.

La création de cette coalition représente la plus récente étape du retour politique de Berlusconi, qui a été poussé à la démission en 2011 alors que l'Italie s'enfonçait encore plus dans la crise de la dette souveraine de la zone euro. Le nouveau premier ministre, M. Letta, a exprimé une «satisfaction sobre à propos de l'équipe créée et de sa volonté» de former une coalition.

Le président Giorgio Napolitano, qui s'est tourné vers M. Letta pour former un gouvernement en réunissant des rivaux aigris, a demandé à la coalition de travailler «dans un esprit de cohésion absolue et indispensable», alors qu'ils oeuvreront pour effectuer des réformes politiques et économiques fortement nécessaires.

«J'espère que la cohésion sera maximale», a déclaré M. Napolitano, semblant pratiquement à bout de souffle alors qu'il exprimait sa confiance pour que les rivaux travaillent ensemble pour le bien du pays.

Selon lui, il s'agissait du «seul et unique gouvernement possible», ajoutant qu'il n'avait pas de place pour «les délais, dans l'intérêt de notre pays et de l'Europe».

M. Napolitano, âgé de 87 ans, a accepté à reculons d'être réélu par le Parlement plus tôt ce mois-ci pour un nouveau mandat de sept ans en raison de l'instabilité politique.

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