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Islande: victoire de l'opposition de centre-droit, la gauche sanctionnée

27/04/2013 07:58 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT
AFP

REYKJAVIK (AFP) - L'opposition de centre-droit est arrivée nettement en tête des élections législatives samedi, les électeurs sanctionnant la coalition de gauche au pouvoir depuis 2009, selon les premières estimations données dans la soirée.

Un projection faite par la télévision publique RUV à partir du dépouillement partiel dans quatre des six circonscriptions du pays donnait le Parti de l'indépendance (droite) en tête juste devant le Parti du progrès (centriste et agrarien).

Le premier obtiendrait 19 sièges, et le second 16.

Le poste de Premier ministre semblait donc aller au conservateur Bjarni Benediktsson, 43 ans, plutôt qu'au centriste Sigmundur David Gunnlaugsson, 38 ans.

La victoire du centre-droit enterre probablement la candidature de l'Islande à l'Union européenne, lancée en 2009, et à laquelle les deux partis étaient hostiles.

"Dans l'ensemble, cela semble plutôt bon", a affirmé M. Benediktsson sur la chaîne RUV, précisant vouloir attendre des résultats plus précis.

Avocat de formation, reconverti en homme d'affaires, il est parlementaire depuis dix ans. Il a su à la fois incarner suffisamment le changement et rassurer l'électorat traditionnel de son parti, conservateur et libéral.

"Je suis très satisfait", a dit son rival, M. Gunnlaugsson.

Ils ont infligé une défaite cinglante aux deux partis de gouvernement. L'Alliance (sociaux-démocrates) perdrait la moitié de sa représentation avec 10 députés, tandis que le Mouvement gauche-verts en aurait 9.

Une comparaison avec les résultats de 2009 montre que les électeurs ont fui la gauche.

L'un des gagnants de la soirée est le Parti pirate (libertaire), qui obtiendrait 4 députés. Enfin, le parti Avenir radieux (pro-UE) en aurait 5.

Les partis vainqueurs ont bénéficié de la lassitude des Islandais après des années de rigueur budgétaire et de difficultés à boucler les fins de mois.

La campagne électorale a été dominée par la question de l'endettement des propriétaires immobiliers, problème auquel les deux partis vainqueurs ont promis de s'attaquer tout de suite.

Le Parti de l'indépendance et le Parti du progrès sont habitués à gouverner ensemble. Ils avaient présidé à la libéralisation du secteur financier dans les années 2000, qui avait débouché sur une hypertrophie puis une faillite des banques.

"Les électeurs ont la mémoire courte", déplorait dimanche Anna Katrin Kristansdottir, électrice de 49 ans, à la sortie d'un bureau de vote.

Ces deux partis devraient chercher à former une coalition pour s'assurer une majorité absolue des 63 sièges du Parlement, répartis à la proportionnelle.

Elle mettra fin à celle de gauche, inédite, qu'avaient choisie les Islandais en pleine crise financière en 2009.

"Nous perdons à l'évidence beaucoup" de voix, a déclaré sur RUV le chef de file des sociaux-démocrates, Arni Pall Arnasson.

Le Premier ministre Johanna Sigurdardottir ne se représentait pas, prenant sa retraite à 70 ans.

Elle a appliqué pendant une bonne partie de son mandat des recettes inspirées par le Fonds monétaire international, qui a prêté à Reykjavik 1,6 milliard d'euros entre 2008 et 2011. Elles ont rendu son parti et ses alliés impopulaires.