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Après deux précédents, Omar Khadr fera appel de sa condamnation à Washington (presse)

27/04/2013 11:39 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT

Le Canadien Omar Khadr, détenu au Canada après dix ans à Guantanamo, a décidé de faire appel à Washington de sa condamnation, espérant avoir gain de cause comme deux autres prisonniers avant lui, a annoncé son avocat cité samedi par le Globe and Mail.

Omar Khadr, âgé de 26 ans, purge une peine de huit ans de prison, commencée dans la prison américaine de Guantanamo, dans une prison de haute sécurité, Millhaven, à Bath, en Ontario (centre-est), où il a été transféré en septembre 2012.

Il a plaidé coupable en 2010 et a été condamné par un tribunal militaire d'exception de Guantanamo, notamment pour avoir tué un sergent américain en lançant une grenade lors d'une fusillade dans un petit village d'Afghanistan en 2002.

Un de ses avocats canadiens, Dennis Edney, cité par le Globe and Mail, a indiqué qu'"Omar a donné son accord pour faire appel".

Une équipe de défenseurs américains a été mise en place par le Pentagone, en vue d'un procès devant la cour d'appel de Washington, et son recours devrait être déposé prochainement.

Omar Khadr espère l'annulation de sa condamnation, comme l'a fait récemment cette même Cour des peines du Yéménite Salim Hamdan, l'ancien chauffeur de Ben Laden, en octobre 2012, puis de son compatriote Ali Hamza Ahmad al-Bahlul, propagandiste d'Al-Qaïda, en janvier 2013.

Dans les deux cas, la cour d'appel de Washington a estimé que les condamnations pour terrorisme ne pouvaient pas s'appuyer de manière rétroactive sur une loi américaine classant le "soutien matériel au terrorisme" comme un crime de guerre.

"De notre point de vue, il y a de sérieux doutes sur la validité de toutes ces condamnations", a déclaré Sam Morison, avocat civil américain de Khadr. "En vertu de la loi, je ne vois pas comment ces jugements peuvent être confirmés", a-t-il ajouté, cité par le quotidien canadien.

Il a affirmé que les charges pour lesquelles Omar Khadr a été condamné "n'étaient non seulemement pas des crimes de guerre (au moment de l'audience), mais je dirais même qu'aucune n'est un crime aujourd'hui, au regard du droit international".

En attendant un appel à Washington, Omar Khadr devrait demander sa libération conditionnelle lors d'une audience en juillet à Toronto, alors qu'il a purgé le tiers de sa peine.

Omar Khadr, enfant-soldat en Afghanistan et fils d'un membre influent d'Al-Qaïda tué en octobre 2003 au Pakistan, était âgé de 15 ans lors de son arrestation par les Américains en 2002.

chv/bdx

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