NOUVELLES

USA: la demande intérieure reste à la traîne de la croissance

26/04/2013 09:11 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

La croissance économique des Etats-Unis s'est nettement accélérée au premier trimestre, mais les chiffres du PIB américain publiés vendredi montrent que la demande intérieure reste entravée par la cure de rigueur que s'impose Washington.

Le produit intérieur brut du pays a augmenté de 2,5% en rythme annualisé de janvier à mars, alors que la croissance n'avait été que de 0,4% au quatrième trimestre, a indiqué le département du Commerce.

Selon le ministère, l'amélioration de la croissance a résulté d'une hausse des stocks des entreprises, "d'une accélération de la consommation des ménages, d'un redressement des exportations et d'une baisse de la dépense publique moins forte (qu'au trimestre précédent), dont les effets ont été gommés en partie par un redressement des importations et un ralentissement de l'investissement privé hors logement".

Le ministère précise que la consommation des ménages a connu pendant les trois premiers mois de l'année sa progression la plus forte en plus de deux ans (3,2%), et qu'elle a fourni à elle seule plus de 2,2 points de croissance au pays, alors même que le revenu disponible réel des Américains chutait de 5,3% sous l'effet de la hausse des cotisations sociales salariales.

Pour autant, l'évolution de la demande intérieure finale pour les produits américains n'a pas du tout suivi celle de la consommation privée et du taux de croissance de l'économie, puisque sa croissance a ralenti à 1,5%, ce qui fait dire à Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors, que le rebond de l'économie n'a "rien de spectaculaire".

La cure de rigueur budgétaire que s'impose le pays continue de déprimer la demande publique. La baisse globale des dépenses de l'Etat fédéral, des Etats fédérés et des collectivités locales a ainsi coûté au pays 0,8 point de croissance de janvier à mars, selon les données du gouvernement.

Celles-ci montrent que, passés les effets du plan de relance de 2009, la dépense publique n'a cessé de ralentir la reprise de l'économie américaine depuis l'été 2010, à l'exception d'un trimestre, où elle avait été dopée par une hausse exceptionnelle des décaissements en faveur de la Défense.

Déplorant les restrictions budgétaires drastiques entrées en vigueur au 1er mars du fait de l'incapacité des démocrates et des républicains à s'entendre sur les moyens de réduire le déficit budgétaire, et à terme, la dette publique, la Maison Blanche a dénoncé ces "coupes arbitraires et inutiles" qui, selon elle vont continuer d'entraver la reprise "dans les mois qui viennent".

La majorité des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed) expriment régulièrement leur préoccupation vis-à-vis de la faiblesse de la demande, liée aussi à la prudence des ménages après les années d'excès d'endettement ayant précédé la crise. Les chiffres du PIB devraient conforter la Fed dans sa politique d'assouplissement monétaire croissant destinée à soutenir la reprise.

Au fil du temps, celle-ci apparaît toujours fragile et marquée par les à-coups. L'accélération de la croissance au premier trimestre semble d'ailleurs avoir déjà fait long feu.

"La force de la consommation ne devrait pas persister", note ainsi Peter Newland, Economiste de la banque Barclays, alors que les ménages commencent à adapter leur consommation à la nouvelle donne fiscale.

L'Université du Michigan a d'ailleurs indiqué vendredi que son indice de confiance des consommateurs était retombé en avril à son niveau le plus faible en trois mois.

Nombre d'économistes estiment que la croissance devrait nettement marquer le pas au deuxième trimestre, mais plusieurs comme Sal Guatieri, de BMO Marchés des capitaux, ou Harm Bandholz, d'Unicredit, pensent qu'elle devrait s'accélérer de nouveau, peut-être plus durablement, à partir de l'été.

mj/sl/mdm

PLUS:afp