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Syrie: Obama veut une "évaluation définitive" sur les armes chimiques

26/04/2013 01:54 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

Barack Obama souhaite une "évaluation définitive" sur le recours éventuel du régime syrien à des armes chimiques avant de prendre une décision dans ce dossier, a déclaré la Maison Blanche vendredi, alors qu'avaient lieu des combats acharnés à Damas.

Jeudi, les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, tout en soulignant que leurs renseignements n'étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la "ligne rouge" tracée par le président Obama.

"Nous oeuvrons à établir des faits dignes de foi et recoupés", a déclaré vendredi Jay Carney, le porte-parole de Barack Obama, refusant toutefois de "fixer un calendrier" pour ce processus, car "ce sont les faits qui doivent soutenir cette enquête, pas une échéance".

Le porte-parole a en outre répété la position de la Maison Blanche selon laquelle "toutes les options" seraient sur la table s'il est établi que le régime de Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques.

Interrogé sur la possibilité de voir les Etats-Unis recourir à une intervention armée dans ce cas, M. Carney a remarqué qu'"il existe de nombreux moyens disponibles pour le président dans ce genre de situation, dont ceux que vous avez mentionné, mais il existe de nombreuses autres options".

"Si le régime n'a rien à cacher, il devrait autoriser les enquêteurs de l'ONU entrer dans le pays pour que nous puissions aller au fond des choses", a pour sa part souligné Patrick Ventrell, un porte-parole du département d'Etat.

Si Israël est allé jusqu'à appeler les Etats-Unis à intervenir militairement pour "prendre le contrôle des arsenaux d'armes chimiques syriens", l'Union européenne et la France ont elles aussi appelé vendredi Damas à laisser les enquêteurs onusiens travailler --faisant écho à un "appel urgent" similaire lancé jeudi par Ban Ki-moon.

L'opposition syrienne a pour sa part appelé vendredi à une intervention urgente des Nations unies: "La France et la Grande-Bretagne assurent posséder des informations sur l'usage d'armes chimiques et maintenant les Etats-Unis disent la même chose. Il est temps que le Conseil de sécurité de l'ONU agisse", a affirmé à l'AFP un responsable de la Coalition de l'opposition.

"L'ONU doit enquêter immédiatement sur ce sujet et si elle trouve des preuves d'un tel usage elle doit agir immédiatement en imposant au moins une +zone d'exclusion aérienne+" pour l'aviation syrienne, a souligné ce responsable.

"La paralysie du Conseil de sécurité sur le dossier syrien ne peut pas servir d'excuse à l'ONU pour ne pas agir", a-t-il ajouté.

Le Conseil de Sécurité est incapable d'agir depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011 en raison de ses divisions internes, car si les Occidentaux soutiennent la rébellion, la Chine et surtout la Russie appuient le régime.

Sur le terrain, la journée de vendredi a été marquée par des combats féroces dans le nord-est de Damas --les plus violents depuis deux ans dans la capitale--, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, l'aviation syrienne a par ailleurs effectué vendredi le plus grand nombre de raids en une journée depuis son entrée en action en juillet.

Dans le quartier de Barzé, au nord-est de Damas, les combats opposaient depuis jeudi soir des rebelles aux troupes syriennes appuyées par des miliciens pro-régime venus de la banlieue proche d'Ech al-Warwar, où les habitants sont en majorité alaouites, comme le président Bachar al-Assad, alors que la majorité des rebelles, à l'image de la population, sont eux sunnites. Selon l'OSDH, des chars de l'armée pilonnaient le secteur.

Dans le sud de Damas, des affrontements ont aussi éclaté près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, contrôlé majoritairement par les rebelles, même si l'armée tient le seul checkpoint y conduisant, toujours selon l'OSDH.

D'autres affrontements ont eu lieu dans d'autres zones du sud de Damas, et dans l'est de la capitale, dans le quartier de Jobar.

Par ailleurs, des combats très violents opposaient l'armée appuyée par les combattants libanais du Hezbollah et de l'Armée de défense nationale (ADN), une milice spécialement entraînée par le régime aux combats de rue, aux rebelles pour la conquête de la localité stratégique de Qousseir, sur la route reliant Homs au littoral, selon l'OSDH.

Vendredi, selon un bilan partiel de l'OSDH, 18 civils et neuf rebelles ont péri dans des violences. Jeudi, il y avait eu, à travers le pays, au moins 130 morts --53 civils, 27 soldats et 50 rebelles, toujours selon l'OSDH.

bur-mdm/jca

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