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Les petits contre les grands

26/04/2013 04:58 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

ETOBICOKE - Joffrey Lupul a-t-il dit tout haut ce que bien des gens pensent tout bas? Car si ses propos de vendredi en ont étonné quelques-uns, ils ne faisaient que décrire un fait. Une simple réalité mathématique.

Comme s'il n'y avait déjà pas assez de fébrilité autour de cette affiche Canadien-Maple Leafs de samedi pour clore la saison des deux équipes, Lupul en a rajouté vendredi, après l'entraînement, en mentionnant que le Canadien formait une équipe « petite ».

« Nous sommes plus gros et plus forts, et jouer avec robustesse pendant une longue série pourrait nous sourire », a affirmé l'attaquant des Leafs à un petit groupe de journalistes rassemblés devant son casier.

Or, les chiffres prouvent les dires de Lupul. D'après les données de la LNH, le Canadien concède 3 kilos (7 lb) et 2,5 cm (un pouce) aux Torontois. Et les hommes de Randy Carlyle utilisent cette situation à leur avantage. Ils dominent outrageusement la LNH avec 1581 mises en échec cette saison, moult longueurs devant l'équipe de 2e place, les Kings de Los Angeles (1420).

Cela dit, la statistique des mises en échec est à prendre avec un grain de sel. Une équipe qui contrôle constamment la rondelle aura bien sûr moins d'occasions de gonfler ses statistiques. D'ailleurs, des 10 équipes avec le plus de mises en échec, seulement cinq participeront aux séries.

Le hic, c'est que la stratégie torontoise fonctionne face au CH cette saison. Les Leafs ont remporté trois des quatre rencontres entre les deux équipes, par un pointage agrégé de 15-7. Les hommes en bleu ont également eu l'ascendant au chapitre des mises en échec et ont totalisé 44 coups d'épaule de plus que le CH dans ces duels.

Le Canadien et les Maple Leafs s'entraînaient simultanément vendredi. Il a donc été impossible de recueillir les commentaires des Montréalais après les propos de Lupul.

L'énergie à gérer

À la veille de ce duel crucial pour le tableau du premier tour des séries, les deux équipes ont opté pour des stratégies différentes, après avoir toutes deux gagné la Ville Reine au milieu de la nuit.

Le Canadien est arrivé de Winnipeg vers les 3 h du matin. Michel Therrien a donc offert à ses ouailles un après-midi de congé, du moins aux joueurs en uniforme jeudi. Seuls Colby Armstrong et Jarred Tinordi ont sauté sur la patinoire parmi ceux qui avaient affronté les Jets. Le gardien Peter Budaj et les sept réservistes de l'équipe les ont accompagnés.

À l'opposé, les Leafs ont patiné pendant une trentaine de minutes après avoir disputé deux matchs en deux soirs, mercredi et jeudi, en Floride. Carlyle avait toutefois tenu ses protégés à l'extérieur de la patinoire dimanche et lundi, sous le soleil floridien de surcroit. Pour utiliser l'expression conjugale consacrée au Québec, il avait des « Air Lousse » en banque...

« On a eu droit à deux jours au soleil, donc on était bien reposés, a affirmé Carlyle. Un entraînement de 35 minutes après 2 matchs de suite n'est rien d'exagéré. C'est simplement pour se dégourdir les jambes. Tu ne peux pas t'attendre à ce que tes joueurs te donnent 110% s'ils ne sont pas bien reposés. »

« Il nous pousse, mais il sait quand donner du repos et il connaît nos limites, a rappelé l'attaquant Nazem Kadri. Le repos est la chose la plus importante, car la récupération est très difficile, surtout avec deux matchs en deux soirs. »

De façon générale, Therrien a favorisé le repos depuis le début de la saison. D'ailleurs, dès qu'on mentionne aux Kadri et autres Cody Franson des Maple Leafs le fait que le Tricolore a bénéficié de 14 congés en février et en mars, leurs yeux s'écarquillent.

« Si vous calculiez nos congés, ça ne sera même pas proche!, lance Kadri. L'important est d'atteindre le sommet de ta forme au bon moment. La stratégie de Montréal fonctionne, la nôtre aussi. Tant que ça donne des résultats! »

On saura après le premier tour des séries quelle stratégie a été la plus judicieuse...

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