NOUVELLES

L'effondrement d'une usine de vêtements fait plus de 300 morts au Bangladesh

26/04/2013 06:37 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

SAVAR, Bangladesh - Des secouristes au Bangladesh menaient une course contre la montre vendredi pour tenter de tirer des décombres d'une usine de vêtements effondrée des travailleurs toujours en vie, tandis que les corps qu'ils trouvaient faisaient monter le nombre de morts à plus de 300 personnes.

Des proches des travailleurs de l'usine se sont battus avec la police, qui les empêchait d'accéder aux décombres du Rana Plaza, un édifice de huit étages, alors que les opérations de secours continuaient plus de deux jours après l'effondrement de la structure.

Des responsables ont affirmé que les recherches se poursuivraient jusqu'à samedi, les secouristes utilisant des marteaux, des pelles et leurs mains nues. Plusieurs des travailleurs coincés dans les décombres étaient tellement affaiblis et blessés qu'ils devaient être retirés du site dans les heures à venir pour qu'ils puissent survivre, a affirmé un secouriste.

Les responsables craignaient également que les survivants souffrent de déshydratation, avec des températures avoisinant les 35 degrés Celsius le jour et environ 24 degrés la nuit.

Le superviseur des opérations de secours, le brigadier général Mohammed Siddiqul Alam Shikder, a fait savoir que 2200 personnes avaient été tirées vivantes des décombres. Selon un groupe de manufacturiers de vêtements, les usines de l'édifice employaient quelque 3122 personnes, mais on ne savait pas combien d'entre elles se trouvaient à l'intérieur lorsque l'édifice s'est effondré mercredi.

Un porte-parole de l'armée, Shahin Islam, a indiqué aux journalistes que 304 corps avaient été retrouvés jusqu'à maintenant.

Mussamat Anna, une jeune femme de 18 ans dont la main droite a dû être amputée pour la libérer des décombres, a expliqué à l'Asssociated Press que sa main avait été coincée sous une machine avant que le toit ne s'effondre sur elle.

Les policiers ont bouclé le secteur et forcé des milliers de spectateurs à reculer, après que les secouristes se soient plaints que la foule ralentissait leurs opérations. Des échauffourées ont éclaté et les policiers ont eu recours à leurs matraques pour maîtriser les mécontents. Une cinquantaine de personnes auraient été blessées.

«On veut rentrer dans l'édifice et retrouver nos proches maintenant. Ils vont mourir si on ne les retrouve pas tout de suite», a affirmé Shahninur Rahman, dont la mère était à l'intérieur du bâtiment.

Des milliers de travailleurs des centaines d'usines de vêtements de la zone industrielle de Savar ont manifesté pour dénoncer les piètres standards de sécurité dans les usines du pays. Selon des médias locaux, certains manifestants auraient fracassé des voitures, mais la plupart des manifestations étaient pacifiques.

La police bangladaise avait ordonné l'évacuation de l'édifice la veille de son effondrement, mais les responsables avaient fait fi de cet ordre et ordonné à leurs employés de reprendre le travail.

L'édifice abritait plusieurs fabriques de vêtements et quelques autres commerces.

Le propriétaire de l'immeuble serait Mohammed Sohel Rana, un proche du parti au pouvoir. M. Rana avait apparemment reçu l'autorisation de construire un édifice de cinq étages, mais il aurait décidé d'ajouter illégalement trois étages. Il devrait maintenant être accusé de négligence.

L'immeuble abritait des fabriques de vêtements pour des bannières comme Benetton, Walmart, The Children's Place, mais également pour la collection Joe Fresh, en vente chez Loblaws.

Le désastre est le pire à avoir jamais touché l'industrie du vêtement du Bangladesh, qui est en pleine effervescence. Il y a cinq mois, un feu dans une usine a tué 112 personnes et fait ressurgir des appels pour de meilleurs standards de sécurité des travailleurs.

Depuis, peu a changé au Bangladesh, qui attire plusieurs fabricants de vêtements à cause de ses bas salaires.

PLUS:pc