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Défense du français : Legault se comporte en péquiste, selon un député libéral

26/04/2013 06:03 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

Avec son appui à la réforme de la loi 101, François Legault montre qu'il est prisonnier de ses « racines péquistes », a soutenu vendredi le député libéral Marc Tanguay.

L'opposition officielle, isolée dans le dossier linguistique depuis son rejet catégorique et sans appel du projet de loi 14 sur la protection du français, accuse le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) de jouer le jeu du Parti québécois.

En annonçant plus tôt cette semaine que sa formation allait appuyer l'adoption de principe du projet de loi, François Legault s'associe au Parti québécois « dans son désir de diviser les Québécois en deux groupes, soit les francophones et les anglophones », a déclaré le député de LaFontaine.

« François Legault, à terme, va permettre au PQ de continuer sur cette voie qui divise les Québécois », a-t-il dénoncé lors d'un entretien avec La Presse Canadienne.

En plus de remettre en cause l'équilibre linguistique, le leader caquiste appuie la mise en place de mesures « qui retirent des droits aux citoyens » en plus d'alourdir « le fardeau réglementaire » des entreprises, a souligné M. Tanguay, porte-parole de l'opposition officielle pour la Charte de la langue française.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) juge le projet de loi 14 inacceptable, notamment parce qu'il impose « de la paperasserie » aux petites entreprises de 26 à 49 employés, adopte une approche « coercitive », introduit une « police linguistique politique » et restreint l'accès des francophones aux cégeps de langue anglaise.

De surcroît, les libéraux du Québec estiment que le projet de loi constitue un obstacle au bilinguisme, « un atout indispensable » pour la société québécoise, selon le chef Philippe Couillard.

La CAQ aura le dernier mot

Avec le PLQ dans le camp du refus, le gouvernement minoritaire de Pauline Marois a besoin de l'appui de la CAQ pour espérer mettre en oeuvre sa nouvelle loi 101, plus de 35 ans après l'adoption de la version originale.

Pour s'assurer du soutien de la CAQ pour la suite des choses, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a commencé à diluer la portée de certaines dispositions de sa pièce législative, notamment au chapitre des militaires et des règles entourant le statut bilingue des municipalités.

Les caquistes ont ajouté quelques autres conditions à leur appui, mais ont néanmoins accepté mercredi de poursuivre l'étude du projet de loi.

Cette décision illustre combien François Legault, ancien ministre sous les couleurs du Parti québécois, reste « un péquiste dans l'âme », selon les libéraux.

L'opposition libérale n'entend pas abandonner la lutte contre la réforme proposée par Mme De Courcy et compte utiliser tous les moyens parlementaires à sa disposition pour faire obstacle à l'adoption de ce « mauvais » projet de loi.

« On va utiliser le temps qui, en vertu de la lettre et de l'esprit du règlement, nous est alloué pour dire ce que nous avons à dire sur ce mauvais projet de loi et prendre le temps d'expliquer pourquoi on va voter contre », a-t-il expliqué.


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