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D'anciens combattants en visite en Corée du Sud pour un dernier au revoir

26/04/2013 11:16 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

BUSAN, Corée du Sud - Un groupe d'anciens combattants de la Guerre de Corée ont eu vendredi une dernière chance de dire au revoir aux confrères qu'ils ont perdus dans la bataille il y a plus de six décennies.

Une délégation de trois douzaines d'anciens soldats et marins ayant pris part au conflit qui a fait rage entre 1950 et 1953 ont visité le cimetière des Nations unies à Busan, en Corée du Sud, où plus de 2000 soldats du Commonwealth sont enterrés.

La visite et le service commémoratif constituent l'aboutissement d'un voyage d'une semaine pour les anciens combattants, dont beaucoup sont aujourd'hui des octogénaires. Pour la majorité, il s'agit vraisemblablement d'une dernière visite dans le pays où ils ont combattu.

L'un de ces anciens combattants, Aimé Michaud, a vécu une existence bien remplie au Québec pendant 60 ans après avoir quitté les champs de bataille coréens.

Il a cependant ressenti la nécessité de retourner sur ces terres contestées pour présenter ses excuses.

L'ancien adjudant ayant servi au sein du 1er bataillon du 22e Royal Régiment avait conclu un pacte avec un ami au printemps 1952. Si l'un d'entre eux était tué, l'autre expliquerait ce qui s'est passé à la famille du défunt.

Oeillet blanc en main, il y avait un certain sens de l'urgence qui se dégageait de la façon dont M. Michaud scrutait le cimetière des yeux.

«Je suis désolé, a-t-il dit vendredi lorsqu'il a finalement trouvé la tombe du soldat de première classe J.A. Prieur. J'ai failli à ma promesse.»

Son camarade a été tué dans l'explosion d'un obus de mortier sur la colline 226, le 27 août 1952. Il est l'un des 378 Canadiens enterrés dans le cimetière du Commonwealth.

Lorsque la guerre a pris fin, M. Michaud est rentré au Québec, mais est demeuré dans l'armée comme parachutiste et entraîneur.

Toujours solide sur ses jambes malgré ses 83 ans, M. Michaud a plus tard été propriétaire d'un commerce.

La promesse faite à cet ami depuis longtemps disparu continue cependant de le ronger.

«J'ai tenté de contacter la famille, mais nous n'avions rien d'électronique à l'époque. J'ai échoué», concède-t-il.

S'il soutient ne pas avoir souffert du syndrome de stress post-traumatique, il admet être incapable, encore aujourd'hui, de regarder un film de guerre.

«La douleur passe [après] un temps, mais la fierté est éternelle. J'ai 83 ans, et j'ai conservé ma fierté dans tout ce que j'ai fait», affirme-t-il.

L'adage pourrait s'appliquer à la Guerre de Corée, un conflit considéré par les vétérans et les historiens comme oublié.

John Stuber, qui a servi dans le 2e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, se souvient de s'être retrouvé couvert de sang et d'avoir dû porter un ami blessé jusqu'au bas d'une montagne à Kapyong, en juin 1951. Son ami, Oliver Ouellet, est décédé peu de temps après qu'ils eurent atteint le pied de la montagne.

Une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe de M. Ouellet.

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