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Québec investira 92,3 milliards $ sur 10 ans dans ses infrastructures

25/04/2013 12:21 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Le gouvernement du Québec injectera 92,3 milliards $ au cours des dix prochaines années dans des travaux d'infrastructures.

Présenté jeudi, le Plan québécois des infrastructures (PQI 2013-2023) s'étale sur une décennie plutôt que sur cinq ans comme c'était le cas auparavant. Pour l'année courante, il prévoit des investissements de l'ordre de 11,08 milliards $.

De ce montant, 2,5 milliards $ seront consacrés à des travaux routiers et une somme presque équivalente, 2,4 milliards $, pour des projets reliés au secteur de la santé. Les infrastructures municipales, les établissements scolaires et universitaires de même que les équipements culturels se partageront près de 3 milliards $.

D'autres investissements sont prévus notamment en matière de transport collectif (986 millions $), pour les logements sociaux (361 millions $) et en ressources informatiques (561 millions $).

Le PQI ne comprend pas les investissements d'Hydro-Québec et des différentes sociétés d'État.

Pour améliorer la supervision et le suivi des dossiers, le PQI 2013-2023 comporte trois catégories qui se déclinent ainsi: projets à l'étude (300 millions $), en planification (22 milliards $) et en réalisation (70 milliards $). Deux dossiers d'envergure, l'échangeur Turcot et l'hôpital de Baie-Saint-Paul, figurent parmi les projets libellés «en cours de réalisation».

Le classement de chacune des catégories sera révisé chaque année.

«Les projets seront dorénavant inscrits et déposés à chaque année, et les Québécois pourront suivre, peu importe où ils se trouvent au Québec, l'avancement des projets», a indiqué le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, en conférence de presse.

Québec entend exercer une surveillance serrée des projets pour éviter des dérapages et des annonces improvisées «non budgétées», une pratique mise en lumière l'automne dernier dans un rapport de la firme KPMG.

«On avait pris des engagements envers la population, et on ne pouvait les honorer, tout simplement parce que l'ancien gouvernement avait décidé de ne pas provisionner et d'y aller avec des annonces purement électoralistes sans se soucier que les sommes étaient au rendez-vous», a expliqué M. Bédard.

Désormais, «un ministre ne pourra plus, comme on a vu, se promener un peu partout en région, surprendre même, dans certains cas, les agences régionales, (et) annoncer des projets qui n'étaient pas prévus», a-t-il précisé.

Pour colmater toutes les brèches, le mécanisme d'autorisation des grands projets d'infrastructure sera revu. Le ministre Bédard a convié les partis d'opposition à appuyer le projet de loi en ce sens qui sera déposé «dans les prochains jours».

L'investissement annuel moyen pour les cinq prochaines années sera de 9,5 milliards $ et diminuera à 8,9 milliards $ pour les années subséquentes. L'écart s'explique par le fait que les grands projets hospitaliers montréalais (CHUM, CUSM, Sainte-Justine) «ont un impact à court terme» sur le PQI, a souligné le président du Conseil du trésor.

En réaction, la Coalition avenir Québec (CAQ) a reproché au gouvernement Marois de «renier» son engagement pris l'automne dernier de publier la liste de tous les projets dont le financement figure au plan des infrastructures.

Le PQI 2013-2023 se limite à inscrire les montants alloués pour chacun des secteurs (route, santé, éducation, etc) sans identifier de projets précis.

Or, sans ces données, les parlementaires «sont laissés dans l'obscurité», a dénoncé le député Éric Caire, en point de presse.

À son avis, le gouvernement du Parti québécois se réserve tout le loisir de «joue(r) avec les investissements à des fins électoralistes».

Quant à l'opposition libérale, le député Pierre Arcand a accusé le ministre Bédard de jeter de la poudre aux yeux pour occulter une baisse importante des investissements dans les grands ouvrages par rapport aux engagements du gouvernement précédent.

«Le président du Conseil du trésor essaie de masquer cette réduction de 15 milliards $ du programme québécois des immobilisations. Il essaie de cacher le fait que ce sont 15 milliards $ de moins sur une période de 10 ans qu'il propose aujourd'hui aux Québécois», a évoqué M. Arcand.

Aussi, en scrutant les chiffres, le député de Mont-Royal a dit avoir relevé une diminution de 10 pour cent au chapitre de l'entretien des infrastructures.

«Pour nous, c'est une considération sécuritaire qui nous inquiète», a-t-il dit.

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