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Le pétrole grimpe encore à New York, dopé par le dossier syrien

25/04/2013 03:17 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

Les prix du pétrole ont grimpé pour la deuxième séance consécutive de plus de 2 dollars jeudi à New York, soutenus par le risque d'une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient et d'une plus grande implication des Etats-Unis dans le dossier syrien.

Le baril de référence (WTI) pour livraison en juin a bondi de 2,21 dollars à 93,64 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Les cours de l'or noir avaient entamé la séance d'humeur indécise, cherchant un nouvel élan pour poursuivre leur très nette hausse de la veille, de 2,25 dollars, provoquée par une baisse inattendue des réserves hebdomadaires d'essence aux Etats-Unis.

Et, en dépit de l'annonce d'une croissance plus forte qu'attendu début 2013 au Royaume-Uni, une bonne nouvelle rare sur le continent européen, des chiffres records du chômage en zone euro, en Espagne et en France, faisaient douter les courtiers sur les perspectives de reprise économique dans la région.

Mais "tout s'est accéléré dans l'après-midi, lorsque les Etats-Unis ont évoqué (pour la première fois) le probable recours à des armes chimiques par le régime syrien" de Bachar al-Assad, a indiqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Dans ces conditions, un haut responsable américain, qui s'est exprimé sous couvert de l'anonymat, a estimé qu'il était "évident que toutes les options (étaient) sur la table en terme de réaction" des Etats-Unis.

Le président Barack Obama avait mis en garde à de nombreuses reprises le régime Assad contre le recours à ses stocks d'armes chimiques, affirmant notamment le 20 mars en Israël qu'il s'agirait d'"une grave et tragique erreur", et qu'un tel développement "change(rait) la règle du jeu". Il avait aussi parlé de "lignes rouges" à ne pas franchir pour Damas.

Or, "les courtiers s'inquiètent que cela entraîne des élus à plaider pour une plus grande implication des Etats-Unis au Moyen-Orient, ce qui se traduirait par une montée des tensions dans la région", a estimé M. Lipow.

Cela "présenterait un risque accru pour l'approvisionnement en brut en provenance du Moyen-Orient, qui reste un producteur essentiel à l'échelle mondiale, bien qu'il perde quelque peu de l'importance sur le marché américain", a-t-il poursuivi.

Le marché était toujours porté d'autre part par les chiffres du Département américain de l'Énergie (DoE) qui ont fait état d'une chute 10 fois plus forte qu'attendu des réserves d'essence aux États-Unis la semaine dernière. Ces stocks sont très surveillés à l'approche de la saison estivale des grands déplacements en voiture.

Les réserves américaines de brut ont quant à elles progressé légèrement moins que prévu par les analystes, un autre signal jugé encourageant.

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