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Des armes chimiques auraient été utilisées en Syrie, selon la Maison-Blanche

25/04/2013 11:24 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

Les services américains du renseignement ont conclu avec «divers degrés de certitude» que le gouvernement syrien a utilisé à deux reprises des armes chimiques dans son combat contre les rebelles, ont affirmé jeudi la Maison-Blanche et des hauts responsables de l'administration Obama.

Les autorités ont néanmoins précisé que des preuves supplémentaires étaient requises avant d'en venir à une conclusion définitive et ont signalé que le gouvernement américain n'était pas prêt s'impliquer davantage en Syrie — et ce, même si le président Obama a déjà affirmé que pour Washington, le recours à ce type d'arme constituait une ligne rouge à ne pas franchir («red line»).

«La communauté du renseignement reconnaît, avec divers degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier le gaz sarin», a écrit la Maison-Blanche dans ses missives signées par Miguel Rodriguez, directeur législatif de Barack Obama.

Peu après que ces lettres eurent été rendues publiques, le secrétaire d'État John Kerry a été encore plus précis dans ses affirmations, soutenant que Damas avait mené deux attaques à l'arme chimique.

Le sarin est un agent chimique inodore qui peut être utilisé sous forme liquide, solide ou gazeuse. Il est toxique lorsqu'inhalé, absorbé par la peau ou les yeux ou ingéré. La secte Aum Shinrikyo avait utilisé le sarin dans les attaques du métro de Tokyo, lesquelles avaient fait 12 victimes en plus d'affecter des milliers de personnes en 1995.

La Maison-Blanche a fait état de ces nouveaux développements par écrit à deux sénateurs, et le secrétaire à la Défense des États-Unis, Chuck Hagel, a évoqué la question devant les journalistes lors d'un passage à Abou Dhabi.

Les lettres ont transmises aux sénateurs Carl Levin et John McCain. Selon ce dernier, il est «évident» que la ligne rouge a été franchie.

«Maintenant, j'espère que l'administration prendra en considération ce que nous recommandons depuis maintenant plus de deux ans d'effusion de sang et de massacres, soit de mettre en place des conditions permettant à l'opposition d'opérer, d'établir une zone d'exclusion aérienne et de fournir des armes aux membres de la résistance en qui nous avons confiance», a plaidé l'ancien candidat républicain à la présidence.

La guerre civile qui fait rage depuis plus de deux ans en Syrie aurait fait plus de 70 000 victimes, selon certaines estimations. En plus des membres du Congrès, Hillary Clinton et Leon Panetta, anciens secrétaires d'État et à la Défense, ont exhorté l'administration Obama a s'impliquer davantage dans le conflit syrien.

Les législateurs démocrates et républicains semblent être à court de patience. Lorsqu'on a demandé au sénateur de l'Illinois Dick Durbin quels gestes devraient être posés maintenant que la Syrie a franchi la «ligne rouge» tracée par Washington, il a répondu: «Ça revient au commandant en chef (Barack Obama), mais quelque chose doit être fait».

Même son de cloche du côté des représentants de l'opposition syrienne. Selon Ahmad Ramadan, membre de l'exécutif de la Coalition nationale syrienne (CNS), les trouvailles de Washington représentent une «étape importante».

L'étape suivante, plaide-t-il, devrait être l'adoption de mesures par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l'autre bout du fil, depuis Istanbul, M. Ramadan a affirmé que les États-Unis avaient l'«obligation morale» d'empêcher le président Bachar al-Assad d'avoir de nouveau recours à des armes chimiques.

La Maison-Blanche a soutenu que les expertises des services de renseignement avaient été élaborées partiellement grâce à des «échantillons physiologiques». Les responsables n'ont pas précisé quelles informations manquent afin de conclure avec certitude que les troupes loyales au président Bachar al-Assad ont utilisé des armes chimiques.

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