NOUVELLES

Cinq présidents américains réunis pour l'inauguration du centre Bush

25/04/2013 09:51 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

Cinq présidents américains se retrouvent jeudi à Dallas (Texas, sud) pour inaugurer le centre George W. Bush, musée qui défend la place dans l'histoire de huit années controversées au pouvoir du 43e dirigeant américain.

Le locataire actuel de la Maison Blanche, Barack Obama, prononcera sur place vers 10H00 (15H00 GMT) un discours qui devrait être apaisé et consensuel, à des lieues des critiques féroces du bilan de son prédécesseur et adversaire politique lors de sa campagne électorale victorieuse de 2008.

L'invasion de l'Irak en 2003 pour empêcher le régime de Saddam Hussein d'utiliser des "armes de destruction massive" jamais retrouvées reste le principal reproche opposé à un président dont la cote ne s'était jamais remise de sa gestion jugée calamiteuse de l'ouragan Katrina en 2005, et qui avait quitté le pouvoir au plus fort d'une crise économique sans précédent en deux générations.

De son côté, M. Bush, 66 ans, a affirmé qu'il était "à l'aise" avec la décision d'envahir l'Irak en 2003 et a estimé que c'était à l'histoire de juger sa présidence, à long terme.

"Je pense que le renversement de Saddam Hussein était la bonne décision, non seulement du point de vue de notre sécurité, mais aussi pour donner aux Irakiens la possibilité de vivre dans une société libre", a-t-il dit mercredi au micro de la télévision ABC.

Les années au pouvoir de George W. Bush, de 2001 à 2009, sont l'histoire "d'un président qui pensait que son mandat serait consacré aux affaires intérieures, et qui s'est retrouvé à défendre le pays", résume Mark Langdale, président de la fondation George W. Bush.

De fait, l'ombre du 11 septembre 2001 pèse sur l'ensemble des expositions de l'imposant complexe, installé sur le campus de l'université méthodiste de Dallas: des morceaux tordus de la charpente métallique du World Trade Center y sont exposés, ainsi que des vidéos d'archives des pires attaques terroristes contre le territoire américain, six mois après que M. Bush eut succédé à Bill Clinton.

Tony Blair attendu

------------------

Ce dernier sera présent jeudi à Dallas, tout comme le père de M. Bush, George H.W. Bush, et Jimmy Carter. Ces deux derniers ont tous les deux 88 ans.

Pour compléter une photo de famille historique, les anciens Premiers ministres britannique Tony Blair et australien John Howard, partenaires de la "guerre contre le terrorisme", sont aussi attendus sur place, tout comme les anciens chefs de gouvernement italien Silvio Berlusconi, israélien Ehud Olmert et espagnol José Maria Aznar.

D'anciens collaborateurs de M. Bush espèrent que l'ouverture de ce musée marquera la première étape d'un rééexamen de son bilan.

"Au fur et à mesure que le temps passe, les passions se calment et les gens commencent à avoir un regard plus objectif", assure Karen Hughes, qui fut l'une de ses plus proches conseillères.

Alors que des défenseurs des droits de l'homme ont accusé l'équipe Bush d'avoir soutenu la torture, l'ancien conseiller de sécurité nationale Stephen Hadley affirme être certain que "cela a sauvé des vies américaines".

Le musée abrite en son coeur le "Decision points theater": les concepteurs du musée demandent directement aux visiteurs ce qu'ils auraient fait à la place du président face aux défis de l'actualité.

Bombardés de vidéos, événements "en direct" et conseils de collaborateurs, ils utilisent des écrans tactiles pour prendre des décisions cruciales. Le président Bush intervient alors à l'écran pour justifier les raisons qui l'ont conduit à agir de telle ou telle façon, sur l'Irak, Katrina et la crise financière.

La dynastie Bush, patriciens de Nouvelle-Angleterre implantés au Texas depuis le milieu du XXe siècle, peut-elle donner un troisième président aux Etats-Unis? George W. Bush le pense, lui qui a poussé son petit frère, l'ancien gouverneur de Floride John Ellis Bush, dit "Jeb", à se présenter en 2016.

"Il n'a pas besoin de mon avis, parce qu'il sait ce que c'est: +Lance-toi!+", a déclaré l'ex-président dans un entretien diffusé mercredi.

Un enthousiasme que ne partage apparemment pas leur mère Barbara, 87 ans. "On a eu assez de Bush" à la tête des Etats-Unis, a-t-elle affirmé sur NBC.

col-tq/jca

PLUS:afp