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Au centre Bush, un grand absent: l'Irak

25/04/2013 07:50 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT

L'atmosphère était chaleureuse, les hommages solennels et les souvenirs émus jeudi au centre George W. Bush, mais au moins une expression était taboue: "guerre en Irak".

Pourtant, dix ans plus tard, l'invasion du pays par les troupes américaines et britanniques, ordre donné au nom d'"armes de destruction massive" qui n'ont jamais été retrouvées après la chute du régime de Saddam Hussein, hantait à sa façon l'inauguration du complexe consacré aux huit années de présidence du 43e dirigeant américain.

La guerre en Irak, des premiers bombardements de mars 2003 au retrait des ultimes unités américaines fin 2011, a autant marqué la présidence de George W. Bush que celle de son successeur Barack Obama. L'actuel dirigeant lui doit même une grande partie de son ascension politique.

M. Obama, lorsqu'il n'était encore qu'un jeune élu local de l'Illinois (nord) fin 2002, avait en effet prononcé une diatribe contre les "guerres idiotes" et les "guerres impulsives", comme, à ses yeux, celle alors préparée par M. Bush et son équipe.

Pendant la campagne électorale de 2007-2008, M. Obama avait capitalisé sur son image d'opposant à une guerre de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis pour se démarquer non seulement de M. Bush, mais aussi de sa concurrente à la primaire démocrate Hillary Clinton, sénatrice coupable à ses yeux d'avoir voté en faveur du principe de l'usage de la force en Irak.

Et tandis que la fête de Dallas jeudi se poursuivait, avec MM. Bush, Obama et trois de leurs prédécesseurs, l'Irak était la proie de violences particulièrement sanglantes: 179 morts et 286 blessés en trois jours, au point que le Premier ministre Nouri al-Maliki a mis en garde contre une "guerre civile confessionnelle".

Alors que plus de 4.400 Américains et des dizaines de milliers d'Irakiens ont été tués depuis 2003 dans le pays, cette flambée de violences risque de nourrir le débat sur la décision initiale de M. Bush de renverser Saddam Hussein et celle de M. Obama de retirer tous les soldats américains avant la présidentielle de 2012.

M. Bush, dans un entretien diffusé mercredi, a dit être "à l'aise avec la manière dont cette décision a été prise. Je pense que le renversement de Saddam Hussein était la bonne décision, non seulement du point de vue de notre sécurité, mais aussi pour donner aux Irakiens la possibilité de vivre dans une société libre".

"Mais l'histoire jugera tout cela, et je ne serai plus là pour le voir", a-t-il ajouté. "En ce qui me concerne, le débat est clos. J'ai fait ce que j'ai fait. Et en définitive ce sont les historiens qui jugeront cette décision".

Lors de son discours jeudi à Dallas, il a assuré que sa présidence avait été fondée sur la défense de la "liberté".

"Nous avons libéré des pays de la dictature", a insisté M. Bush, alors que la gestion de l'Irak par l'autorité provisoire la coalition en 2003, notamment la décision de dissoudre l'armée, a été clouée au pilori.

Présent jeudi à Dallas, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a quant à lui vu son héritage politique entaché par sa décision d'emboîter le pas à l'administration Bush en Irak.

M. Bush a pris acte jeudi des réactions parfois épidermiques qu'il a provoquées de 2001 à 2009. "L'un des avantages de la liberté est que les gens peuvent ne pas être d'accord. J'ai offert beaucoup d'occasions d'exercer ce droit", a-t-il plaisanté.

De son côté, M. Obama a évité l'écueil de l'Irak dans son discours volontairement consensuel, notant que "si les Américains ne sont parfois pas d'accord sur les questions de politique étrangère, nous éprouvons le même respect et la même déférence pour les soldats et soldates, ainsi que leurs familles".

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