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« Le Code criminel n'est pas un livre saint », plaide Chiheb Esseghaier

24/04/2013 09:00 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

Soupçonné d'avoir fomenté un attentat terroriste à bord d'un train de passagers pour le compte d'Al-Qaïda, Chiheb Esseghaier a mis en doute mercredi, devant un tribunal de Toronto, la « perfection » du Code criminel canadien, selon lequel il doit être jugé.

Au cours de l'audience, Chiheb Esseghaier, qui assume lui-même sa défense, a d'entrée de jeu fait remarquer au juge que les accusations dont il est l'objet sont basées sur le Code criminel canadien; or, soutient-il, le Code n'est pas un livre saint, dans le sens où il n'est pas parfait.

Chiheb Esseghaier a ajouté que le Code criminel étant une création humaine, il ne peut être parfait, et que seul le Créateur est parfait.

Le juge a cru bon de lui rappeler que tout ce qu'il déclare peut-être retenu contre lui au procès.

Le magistrat a plus tard décrété que l'accusé devra demeurer en détention à Toronto jusqu'à nouvel ordre et qu'il devra revenir en cour le 23 mai prochain, soit à la même date que son présumé complice Raed Jaser.

De Montréal à Toronto

Mardi, Chiheb Esseghaier a pris connaissance des accusations qui pèsent contre lui lors d'une brève audience au palais de justice de Montréal, au cours de laquelle il a refusé l'aide d'un avocat nommé par la cour. Le suspect a demandé et obtenu le droit de s'adresser au tribunal, ce qu'il a fait d'une voix très calme.

Son coaccusé dans cette affaire, Raed Jaser, a pour sa part comparu brièvement lui aussi mardi, mais à Toronto.

De graves accusations 

Les deux hommes font face à des accusations de complot pour meurtre au profit d'une organisation terroriste, de participation aux activités d'une organisation terroriste et de complot pour nuire aux activités de transport au profit d'une organisation terroriste.

Ces accusations sont passibles d'emprisonnement à perpétuité au Canada.

L'avocat de Raed Jaser, Me John Norris, a déclaré mardi que son client est en état de choc, ajoutant qu'il était au Canada depuis 20 ans et qu'il était très bien intégré dans sa communauté.

Des arrestations qui arrivent à point nommé

Me Norris s'est également interrogé sur le moment choisi par les policiers, soulignant que ceux-ci avaient clairement indiqué qu'il n'y avait aucun risque pour la sécurité du public.

Il est, selon lui, surprenant que l'arrestation survienne dans la foulée des événements de Boston et en parfaite synchronisation avec un débat à la Chambre des communes, lundi, sur l'octroi de pouvoirs additionnels aux policiers dans les cas de terrorisme.

Lundi, la Gendarmerie royale du Canada a accusé les deux hommes d'avoir comploté pour faire dérailler un train de passagers de Via Rail, lors d'un attentat commandité par des éléments du groupe terroriste Al-Qaïda en Iran.

Aucun détail n'a cependant été donné sur la façon dont les présumés terroristes entendaient mettre leur plan à exécution.

L'Iran a depuis nié toute implication dans ce présumé projet d'attentat terroriste. Un porte-parole du ministre des Affaires étrangères de l'Iran, Ramin Mehmanparast, a soutenu devant des journalistes, mardi, que les objectifs politiques et idéologiques d'Al-Qaïda étaient incompatibles avec ceux de l'Iran. Il a qualifié l'hypothèse canadienne de « nouveau chapitre d'une hostilité contre Téhéran ».

Les policiers fédéraux ont de leur côté précisé que rien n'indiquait que l'État iranien était mêlé à ce complot.

 

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