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« J'ai toujours eu une grande loyauté au maire » - Zampino

24/04/2013 09:20 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

Frank Zampino affirme être parti de son plein gré de la Ville de Montréal en mai 2008, mettant ainsi fin à 22 ans de vie politique, mais non sans une série de réflexions alimentées par ses amis Bernard Trépanier et Rosaire Sauriol.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

L'ex-président du comité exécutif a ainsi fait état d'une rencontre, janvier 2007, lors de laquelle ses amis Jean Battah, Rosaire Sauriol de Dessau, Bernard Trépanier et Martial Fillion (SHDM) ont sondé son intérêt pour briguer la mairie en 2009, advenant le départ du maire Gérald Tremblay.

M. Zampino soutient n'avoir pas organisé cette rencontre et leur avoir répondu : « il n'en est pas question ».

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M. Sauriol avait avoué à la commission avoir participé à un système de collusion entre firmes de génie sur des contrats de la Ville. M. Sauriol avait désigné M. Zampino comme le chef d'orchestre de la collusion, une allégation qualifiée de mensonge par ce dernier, qui dit cependant lui garder toute son amitié.

M. Zampino soutient avoir par la suite décidé en famille, fin 2007, de quitter la Ville, avant de confier la chose à son ami Rosaire Sauriol début 2008.

Le maire en sera informé en mai. Ce dernier aurait alors exprimé une « grande déception sur ma décision ».

Il soutient que si son ami Rosaire Sauriol a su avant son départ qu'il voulait aller dans le secteur privé, ni l'un ni l'autre n'ont parlé de son éventuel passage chez Dessau, où il sera finalement embauché à l'automne 2008 et entrera en fonction en janvier suivant.

M. Zampino sera aussi approché en mai, dès son départ de la ville, par Paolo Catania pour qu'il dirige une de ses entreprises, une proposition qui ne l'a pas intéressé. Il dit avoir aussi été approché par Yves Théberge et Kazimir Olechnowicz de CIMA+ et par Pierre Lavallée, de BPR.

M. Zampino a mal pris que la commission suggère que ces propositions pouvaient constituer des retours d'ascenseur : « Je prends offense! ».

M. Zampino est contraint de quitter Dessau en avril 2009 lorsque les médias rendent publique sa présence sur le Touch avec Rosaire Sauriol et Tony Accurso. Mais il soutient qu'il ne s'en va que pour soulager la firme de la pression des médias, et que son départ n'a rien à voir avec le contrat des compteurs d'eau, que Dessau et Simard-Beaudry avaient remporté.

Il maintient sinon qu'il n'a jamais su que Dessau a fait de la collusion sur les contrats de la Ville, malgré son rôle de chef de la direction financière et clame de nouveau son innocence :

Zampino, grand voyageur

L'ancien numéro deux de la Ville a vécu une journée éprouvante hier. Après avoir assuré qu'il n'avait jamais été au courant d'indices de collusion lors de ses années à l'hôtel de ville de Montréal (2002-2008), il a affirmé qu'il avait lutté énergiquement pour combattre le phénomène dans la foulée d'un rapport de vérification interne de 2006, une contradiction flagrante qui lui a valu d'être sévèrement tancé, notamment par le commissaire Renaud Lachance.

L'ancien bras droit du maire Gérald Tremblay a aussi admis qu'il avait séjourné sur le bateau de l'entrepreneur en construction Tony Accurso avec sa famille dès 2005, sans payer quoi que ce soit. Ce voyage n'avait jamais été révélé, contrairement à ceux qu'il a effectués en février 2007 et 2008, soit avant et après le lancement de l'appel d'offres dans le dossier des contrats d'eau. 

Frank Zampino a aussi révélé qu'il avait déjà voyagé à Las Vegas avec Tony Accurso et l'ex-directeur général de la Ville Robert Abdallah. Il a d'abord dit que le voyage avait eu lieu vers 2003 ou 2004, avant d'admettre qu'il avait eu lieu en février 2006. La commission a aussi avancé que MM. Zampino et Accurso étaient retournés ensemble à Las Vegas en septembre de la même année, une allégation que le témoin n'a pas voulu confirmer. « Je n'ai pas eu l'occasion de réfléchir », a ajouté mercredi M. Zampino, mais « ce n'est pas à l'exclure ».

La commission a rendu publique mercredi matin des photos du voyage de février 2006 à Las Vegas, où l'on voit notamment MM. Zampino, Accurso et Abdallah.

M. Zampino n'a pas été interrogé par ailleurs sur les allégations de l'homme d'affaires Elio Pagliarulo, selon lesquelles l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal a reçu 555 000 $ en argent comptant et en cadeaux du grand patron de Frank Catania et associés, Paolo Catania. M. Pagliarulo affirme avoir remis de l'argent à cette fin à Paolo Catania, et ce, en présence de Frank Zampino.

Après les contre-interrogatoires, Frank Zampino disparaîtra des écrans de télévision afin d'être interrogé sur son rôle dans le scandale du Faubourg Contrecoeur, un projet immobilier de 300 millions de dollars dans le cadre duquel il a été arrêté par l'escouade Marteau, en compagnie de Bernard Trépanier et Paolo Catania, et formellement accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance. L'ancien grand patron de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) Martial Filion, aussi arrêté, est mort entre temps.

La date de leur procès devant la Cour supérieure dans cette affaire sera fixée lundi prochain. 

La tenue du procès a incité la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à demander une ordonnance de non-publication, qu'elle a obtenue, pour cette portion du témoignage de l'ex-bras droit du maire Gérald Tremblay. Les avocats des médias pourront éventuellement demander à la commissaire France Charbonneau de lever cette ordonnance en tout ou en partie. 

Quiconque souhaite assister à ce témoignage peut se présenter à la salle d'audiences, située au 9e étage d'un immeuble gouvernemental situé au 500 boulevard René-Lévesque Ouest, à Montréal. 

Qui savait quoi ? La collusion en 17 citations</p>
                        
                                
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