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Le Code criminel n'est pas un livre saint, affirme un présumé terroriste

24/04/2013 12:22 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

TORONTO - Chiheb Esseghaier, le Montréalais accusé relativement au présumé complot commandé par Al-Qaïda visant un train de passagers de Via Rail, refuse de reconnaître l'autorité du Code criminel, puisqu'il ne s'agit «pas d'un livre saint».

Après que les cinq accusations de terrorisme eurent été lues, mercredi à Toronto, Esseghaier a demandé à s'adresser à la Cour. Les accusations portées contre lui sont basées sur le Code criminel, a plaidé Esseghaier, et «nous savons que le Code criminel n'est pas un livre saint».

Il a aussi ajouté que le Code criminel avait été rédigé par des créatures imparfaites et que seul le Créateur est parfait. En conséquence, selon lui, les conclusions tirées de ce Code ne sont pas fiables.

La juge de paix présidant l'audience, qui avait prévenu Esseghaier de surveiller ses paroles, a ordonné que l'accusé soit placé en détention préventive jusqu'à sa prochaine comparution par visioconférence, prévue pour le 23 mai.

Son coaccusé, Raed Jaser, un résident de Toronto de 35 ans, doit comparaître à nouveau le même jour devant le tribunal, également par visioconférence.

Les deux hommes font face à diverses accusations de terrorisme, en lien avec ce que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a qualifié de premier présumé complot dirigé par Al-Qaïda en sol canadien.

Esseghaier, âgé de 30 ans, un étudiant au doctorat spécialisé dans les nanocapteurs, fait face à cinq chefs d'accusation.

Esseghaier et Jaser sont tous les deux accusés d'avoir comploté afin de commettre le meurtre de personnes inconnues au profit d'un groupe terroriste, d'avoir comploté afin de nuire aux moyens de transport au profit d'un groupe terroriste et d'avoir participé ou contribué à une activité d'un groupe terroriste.

Esseghaier fait aussi face à une autre accusation de participation aux activités d'un groupe terroriste, relativement à une autre période, et d'avoir sciemment chargé une personne de se livrer à une activité au profit d'un groupe terroriste.

S'ils sont reconnus coupables, ils pourraient être condamnés à la prison à vie.

Esseghaier a comparu en cour une première fois mardi à Montréal, où il avait été arrêté la veille, puis il a été transporté mercredi vers Toronto, où aura lieu l'éventuel procès.

Les deux hommes ont été placés en détention préventive à la suite de leur comparution à Toronto. Ils devront s'adresser à une autre instance judiciaire pour tenter d'obtenir une libération sous caution en attendant la suite des procédures.

L'avocat de Jaser, John Norris, a indiqué mercredi qu'il est en train de préparer une telle demande de libération sous caution. Esseghaier, pour sa part, n'avait toujours pas retenu les services d'un avocat, mercredi.

Me Norris avait indiqué mardi que Jaser, un résident permanent qui vit au Canada depuis 20 ans, était «dans un état de choc et d'incrédulité», et qu'il niait les allégations portées contre lui.

Les deux hommes ont été arrêtés et accusé lundi, en vertu d'allégations de la police selon lesquelles ils préparaient un attentat qui nécessitait la «direction et l'assistance» des membres d'Al-Qaïda en Iran.

Deux responsables des autorités policières américaines ont déclaré à l'Associated Press que la cible de l'attentat présumé était un train reliant New York et le Canada.

Les accusés avaient la capacité de mener une attaque, mais il n'y avait pas de «menace imminente» pour le public, a indiqué la GRC. Il n'y a par ailleurs aucune raison de croire que les attaques étaient parrainées par le régime iranien, a ajouté la police fédérale.

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