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La nouvelle offensive du PCC contre Trudeau sera aux frais du contribuable

24/04/2013 11:10 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Les publicités vidéo n'étaient qu'un hors d'oeuvre: les conservateurs s'apprêtent à lancer une campagne contre Justin Trudeau au moyen de lettres envoyées par les bureaux de leurs députés.

Mais contrairement aux vidéos, qui étaient financées à même les coffres du Parti conservateur du Canada (PCC), ces lettres seront expédiées dans les boîtes aux lettres des Canadiens aux frais des contribuables.

Les libéraux ont mis la main sur des maquettes de dépliants rédigées en anglais s'attaquant à l'expérience et au jugement du nouveau chef libéral, reprenant certaines citations hors contexte diffusées dans les publicités télévisuelles.

Dans une lettre accompagnant ces maquettes, les députés conservateurs sont invités à accorder leur autorisation pour de tels envois dans leur circonscription.

Aux yeux des partis d'opposition, les deniers publics ne devraient pas servir à cela.

Selon le député libéral Dominic LeBlanc, les conservateurs vont trop loin avec les lettres.

«Qu'ils veulent dépenser l'argent du Parti conservateur pour des annonces publicitaires négatives, les Canadiens sont un peu malheureusement habitués», a avancé M. LeBlanc. «Mais quand ils décident d'utiliser l'argent des contribuables pour distribuer ces matériaux tellement négatifs, nous trouvons encore là qu'ils ont transgressé une autre ligne.»

Le lieutenant de Stephen Harper pour le Québec, Christian Paradis, n'y voit toutefois rien de mal.

«Le type aspire à devenir premier ministre. Je pense que les Canadiens sont en droit de savoir toutes les facettes de l'information et je pense que c'est sain dans le débat politique», a-t-il soutenu.

Le 4 avril, avant que ce dépliant surgisse, le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait quant à lui fait parvenir au président de la Chambre une lettre lui demandant de clarifier le privilège de la franchise postale des députés. Le parti de Thomas Mulcair a d'ailleurs rappelé mercredi que les libéraux s'en étaient pris directement à eux dans un de ces dépliants récemment, avec une missive s'attaquant à leur député Craig Scott et son projet de loi sur la clarté référendaire.

Réplique de Trudeau

Les maquettes conservatrices ont été rendues publiques le jour même où M. Trudeau a commencé à répliquer aux conservateurs avec des publicités qui se veulent positives, interpellant directement l'auditeur.

Les vidéos de 30 secondes le mettent en scène dans une classe d'école, assis sur le bout du bureau de l'enseignant, en complet gris sans cravate, s'adressant à la caméra.

Dans sa version française, le nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLC) se présente, alors que défilent des images de lui, de sa famille et de sa course à la chefferie. «J'ai bien hâte de travailler avec vous. L'avenir est entre nos mains», conclut M. Trudeau.

Quelques heures seulement après son élection à la tête du Parti libéral du Canada (PLC), les conservateurs avaient lancé leurs publicités négatives avec comme slogan «Justin Trudeau, il n'est pas à la hauteur». On y voyait notamment des images de M. Trudeau enlevant sa chemise lors d'un événement bénéfice pour la Fondation des maladies du foie.

Dans la version anglaise de la réplique du chef libéral, M. Trudeau éteint la télévision où l'on voit justement des images de la publicité négative des conservateurs. Il y fait directement référence en déclarant que «les Canadiens méritent mieux».

«On peut continuer de se méfier et se trouver des défauts les uns les autres ou on peut unir nos efforts et se mettre au travail.»

En point de presse à l'entrée du caucus libéral mercredi, M. Trudeau a expliqué qu'il savait que les conservateurs avaient préparé des publicités négatives au moment où il a été élu, mais qu'il ne s'attendait pas à une attaque aussi rapide.

«Même nous, on a été un petit peu surpris de la vitesse et de l'intensité des attaques personnelles. Mais je suis très content de pouvoir passer un message positif et de démontrer aux Canadiens qu'on n'a pas besoin d'attaquer ou d'être négatif pour être forts en politique», a-t-il soutenu.

Il a ajouté qu'il souhaitait la participation des citoyens dans l'élaboration de solutions pour le pays. «Et pour moi, ça ne se passe pas quand on est négatif, ça se passe quand on les invite à travailler ensemble.»

Jacques Demers

Les publicités libérales, dont on ignore pour l'instant quand elles seront diffusées sur les chaînes de télévision, surviennent alors que M. Trudeau fait bonne figure dans les sondages au Québec.

Bon prince, le sénateur conservateur Jacques Demers a mis de côté la partisanerie et concédé à la sortie de son caucus que les gens «aiment» M. Trudeau.

«Je crois vraiment qu'il y a une attirance pour quelqu'un qui sourit, qui t'amène vers lui. Je pense que c'est le côté charismatique», a-t-il noté, allant jusqu'à comparer M. Trudeau au défunt chef néo-démocrate Jack Layton.

Le président du conseil du trésor, Tony Clement, a été bien moins tendre à son égard, s'en prenant à la façon dont M. Trudeau avait réagi à l'attentat de Boston.

«Cela démontre que ses instincts sont très pauvres. Il a un jugement très pauvre, et ce n'est pas quelque chose que vous pouvez arranger, franchement, c'est quelque chose qui restera avec lui tant qu'il sera leader», a-t-il tranché.

En entrevue à CBC aux lendemains du drame, le chef libéral avait affirmé qu'il faudrait tenter de trouver au cours des prochains jours les causes profondes d'un tel attentat.

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