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Italie: Enrico Letta est nommé au poste de premier ministre

24/04/2013 08:24 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

ROME - Le président italien a nommé Enrico Letta au poste de premier ministre.

M. Letta tentera maintenant de former un gouvernement, dans l'espoir de dénouer l'impasse politique du pays qui dure depuis maintenant deux mois, et de relancer l'Italie sur le chemin de la réforme et de la croissance économique.

L'homme de 46 ans est un vétéran de centre-gauche qui était l'adjoint du chef du Parti démocratique. Il a déclaré aux journalistes, mercredi, avoir accepté le poste tout en étant conscient que la classe politique italienne avait perdu toute crédibilité.

Le président Giorgio Napolitano lui a demandé de former un gouvernement de coalition qui rassemblera le Parti démocratique et le parti de centre-droite de l'ancien premier ministre Silvio Berlusconi, qui constituent les deux principales factions au Parlement. Le président Napolitano affirme que les deux partis lui ont promis d'appuyer M. Letta.

Le premier ministre désigné entamera ce jeudi les pourparlers afin d'élaborer un cabinet en mesure de survivre à un vote de confiance au Parlement.

M. Letta est une figure modérée dans la même lignée que M. Bersani, dont il a été un député loyal depuis 2009. Il l'a d'ailleurs supporté lors des primaires, en automne dernier, contre le maire de Florence, Matteo Renzi.

Il avait toutefois un atout caché: l'oncle de M. Letta, Gianni, est un proche conseiller de M. Berlusconi, ce qui pourrait consolider une coalition entre deux partenaires très mal à l'aise l'un envers l'autre.

Dans un geste peut-être calculé, mais quoi qu'il en soit significatif, M. Letta est arrivé au palais présidentiel en conduisant sa propre voiture, une Fiat, pour accepter le poste de premier ministre. Normalement, les politiciens sont conduits à travers les villes avec un cortège de voiture pour assurer leur protection.

Ces véhicules, communément appelés «auto blu», sont devenus avec le temps l'emblème méprisé des privilèges de l'élite politique italienne. Ce sentiment a mené plus du quart des Italiens à voter pour un mouvement anti-élitiste nommé «le mouvement 5 étoiles».

Le premier ministre actuel de l'Italie, Mario Monti, a salué la sélection de M. Letta, et espère qu'il gagnera rapidement le soutien du Parlement pour son gouvernement. «Avec un soutien responsable des forces politiques, le premier ministre Letta sera en mesure de rebâtir la crédibilité internationale de l'Italie», explique M. Monti dans une déclaration.

Le président Napolitano avait nommé M. Monti au poste de premier ministre en novembre 2011 pour remplacer Sylvio Berlusconi, après que les marchés internationaux aient perdu confiance en celui qui voulait mettre en place des réformes nécessaires pour prévenir l'Italie de tomber en crise d'endettement.

Le gouvernement technocrate de M. Monti a adopté une série de mesures d'austérité impopulaires, incluant des hausses de taxe et une réforme des retraites. Ces mesures ont fait mal à la popularité de M. Monti dans les sondages, alors que son parti a reçu seulement 10 pour cent des voix lors des élections du 24 et 25 février.

Le nom de M. Letta a fait surface quand le leader du Parti démocratique, Pier Luigi Bersani, a démissionné après avoir été incapable de former un gouvernement et de rallier son parti derrière un seul candidat au poste de président. M. Bersani avait aussi exclu toute collaboration avec M. Berlusconi.

M. Letta a promis de s'attaquer en priorité aux problèmes économiques qui frappent l'Italie: le pays est plongé en récession depuis plus d'un an et le taux de chômage s'établit à 11,6 pour cent dans la population générale, mais à 37,8 pour cent chez les jeunes.

Il a aussi promis de réformer le système électoral du pays, en réduisant le nombre de parlementaires et en modifiant la loi électorale.

Les élections parlementaires de février dernier n'ont pas donné de vainqueur clair.

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