DIVERTISSEMENT

«Hairspray»: le grand risque de Juste pour rire

23/04/2013 09:30 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT
Courtoisie

«Dernièrement, j'ai failli annuler. Je me disais qu'on n'y arriverait pas, que c'était trop gros. J'ai commandé une réunion de production comme je n'en avais pas tenu depuis 15 ou 20 ans, avec les concepteurs et toute l'équipe, et j'ai dit que chacun devrait faire des compromis sinon on devrait tout laisser tomber...»

À en croire Gilbert Rozon, grand manitou de Juste pour rire, la comédie musicale Hairspray, qui tiendra l'affiche dans le cadre de son festival, du 20 juin au 4 juillet prochain, sera un événement d'envergure comme les scènes du Québec n'en ont pas connu beaucoup jusqu'ici. Chiffrée à «plus de deux millions de dollars», selon l'homme d'affaires, la production mettra en vedette une impressionnante distribution de 28 comédiens et 7 musiciens, en plus de rassembler les talents d'une imposante équipe technique, qui s'affairera notamment aux nombreux changements de costumes et de perruques. Denise Filiatrault se chargera de la mise en scène, tandis que la traduction et l'adaptation seront signées Yves Morin.

«Au départ, je ne me voyais pas monter un show comme ça, très sixties», a poursuivi Gilbert Rozon. Je suis allé le voir à reculons, à New York, il y a 10 ou 15 ans.... Et, à ma grande surprise, ça m'a foutu la banane (le sourire)! C'est une histoire intelligente et joyeuse. Mais c'était tellement gros que j'avais peur de le faire. Ce n'est qu'après avoir présenté Chantons sous la pluie, l'an dernier, que j'ai réalisé qu'on était capables. Mais je n'avais peut-être pas calculé comme il faut! (rires)».

Quoi qu'il en soit, Hairspray enflammera bel et bien les planches du Théâtre Saint-Denis, portée par une bande de jeunes artistes débutants, mais ô combien motivés à l'idée de jouer, chanter et danser dans un contexte aussi exaltant. L'ex-star académicienne Vanessa Duchel interprétera la candide Tracy, qui aspire à faire partie de la troupe de danseurs d'une populaire émission de télévision et réalisera son rêve de devenir une célébrité. À ses côtés, Louis Champagne incarnera sa mère (rôle toujours assumé par un homme) et Bryan Audet et Olivier Dion, eux aussi propulsés par la téléréalité de Julie Snyder, ses partenaires masculins.

D'autres figures connues, comme Isabelle Drainville, Jennifer Silencieux, Geneviève Charest, Véronique Claveau, Danièle Lorain, Kim Richardson, Gardy Fury et Sandy Duperval seront aussi de la fête. Même un participant de la récente mouture de La voix, Jonathan Guilbault, a réussi à se faufiler dans la liste des acteurs-chanteurs.

Un défi et des craintes

Assurant les fonctions de chef de la création de Juste pour rire depuis janvier dernier, Serge Postigo chapeaute désormais tous les spectacles du groupe et supervise chaque étape de la création de Hairspray. Selon lui, le principal défi de la pièce, proposée pour la première fois en version québécoise, repose justement sur le fait que les gens d'ici ne sont pas familiers avec cet univers et qu'il faudra le leur faire connaître.

«Il va falloir amener les gens à venir constater l'énergie de la distribution», a-t-il réfléchi à voix haute. «Ça a l'air d'une histoire de coiffeurs, alors qu'on ne parle même pas de cheveux, là-dedans. Mais la musique, celle des High School Musicals des années 1960, les chorégraphies, la trame, qui parle de ségrégation, de la fin du puritanisme américain, en fait un super bon show. C'est très accrocheur et stimulant.»

L'inexpérience de ses jeunes protégés n'effraie pas Serge Postigo, qui se dit plutôt inspiré par la fraîcheur et l'enthousiasme des filles et des garçons qui feront probablement de Hairspray un succès chez toutes les tranches d'âge.

«Le côté juvénile qu'ils apportent là-dedans, l'émerveillement de quelqu'un qui n'est jamais monté sur scène, apporte une énergie particulière. On s'alimente tous les uns aux autres, dans une production comme celle-là. Il y a toujours des craintes, mais ça n'a rien à voir avec le bagage ou l'expérience. Je ne pourrais avoir que des acteurs qui comptent 40 ans de métier, et j'aurais les mêmes peurs. C'est ce qu'il y a de beau, dans ce métier: personne ne sait rien!»

Hairspray a connu une première vie au grand écran sous la férule de John Waters, en 1988, avant d'être acclamée à Broadway en 2002 et transportée à nouveau au cinéma en 2007 par le réalisateur Adam Shankman. Nikki Blonsky personnifiait alors Tracy et John Travolta, sa mère.

Pour se procurer des billets pour Hairspray ou en savoir davantage sur l'ensemble de la programmation du 31e Festival Juste pour rire, on visite le www.hahaha.com.