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Droits des Autochtones : Niki Ashton se fait conseiller d'écouter son père

23/04/2013 06:35 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT

Le ministre fédéral des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, a présenté ses excuses, mardi, après avoir conseillé à une députée néo-démocrate d'écouter son père et de soutenir un projet de loi conservateur visant à améliorer la protection des droits matrimoniaux dans les réserves.

Le ministre Valcourt avait tenu ces propos plus tôt mardi en répondant aux critiques de la députée Niki Ashton, dont le père, Steve Ashton, est ministre provincial au Manitoba. Cette province a déjà accordé son appui au projet de loi conservateur S-2, qui permettrait aux épouses vivant dans les réserves de bénéficier, en cas de divorce, des mêmes droits du partage patrimonial que celles vivant hors réserves.

Mardi, lors d'audiences d'un comité sur le projet de loi, Mme Ashton a lancé au ministre Valcourt et à la ministre de la Condition féminine, Rosa Ambrose, qu'il faudrait accorder davantage d'attention aux demandes des Premières Nations pour l'instauration d'une commission d'enquête nationale sur la violence faite aux femmes autochtones.

Le ministre Valcourt lui a alors répondu qu'elle « ferait peut-être mieux d'écouter son père ».

Mme Ashton s'est offusquée de ce commentaire, qu'elle a jugé paternaliste. M. Valcourt a de son côté rapidement présenté ses excuses, affirmant qu'il voulait simplement rappeler que le gouvernement manitobain avait pressé Ottawa d'adopter le projet de loi pour que les épouses autochtones puissent bénéficier des mêmes droits que les autres femmes mariées du pays.

Les excuses de M. Valcourt surviennent moins d'un mois après qu'il eut remis en question l'héritage autochtone du député néo-démocrate et leader cri Roméo Saganash, propos pour lesquels il avait également fait son mea culpa.

Mais pour Mme Ashton, qui a accepté les excuses du ministre, les commentaires de M. Valcourt ne démontrent pas seulement son attitude envers elle, mais aussi envers les femmes autochtones qui seraient touchées par le projet de loi.

« Le paternalisme demeure quand même bien en vie chez les conservateurs de Stephen Harper. Nous en avons eu la preuve aujourd'hui, mais aussi dans ce projet de loi, que nous contestons », a-t-elle déclaré.

Selon Mme Ashton, le projet de loi S-2 est paternaliste en raison d'un manque de consultations par les conservateurs.


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