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Complot terroriste: une mosquée de Côte-des-Neiges attire l'attention des médias

23/04/2013 08:14 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Il régnait une certaine friction mardi devant la petite mosquée de Montréal qu'a fréquentée à quelques reprises Chiehb Esseghaier, l'homme accusé de terrorisme en lien avec un complot déjoué la veille par la Gendarmerie royale du Canada.

Plus d'une demi-douzaine de journalistes s'étaient rendus à la mosquée pour tenter d'en savoir plus sur le présumé terroriste, dont peu de choses sont connues à ce jour. Les reporters ont posé leurs questions aux fidèles qui allaient et venaient pour la prière d'après-midi, visiblement mal à l'aise devant cet intérêt médiatique.

Le fondateur du centre socio-culturel de Côte-des-Neiges, qui a ouvert ses portes il y a deux ans, a prié les journalistes d'éteindre leur caméra et de ne pas lui créer de problèmes. Il a affirmé que les fidèles ne viendraient pas car ils étaient effrayés par un tel contexte.

Deux personnes ont toutefois confirmé mardi avoir vu Chiehb Esseghaier prier à la mosquée, située près d'une artère passante du quartier Côte-des-Neiges. L'une d'entre elles a indiqué qu'il s'était écoulé une année depuis la dernière fois où elle avait vu l'accusé, un scientifique spécialisé en biotechnologie et doctorant.

Un autre homme, qui s'est présenté comme le propriétaire de l'immeuble, a réagi avec colère à l'affluence de journalistes. Lors d'un long échange avec les reporters sur place, il a demandé aux médias de ne pas le filmer ni d'utiliser tout enregistrement, car il ne souhaitait pas être interviewé. Il a également refusé de donner son nom.

Selon lui, les médias font tout un plat d'une histoire qui n'est pas encore terminée, et Chiehb Esseghaier demeure innocent jusqu'à preuve du contraire, a-t-il plaidé.

Peu de temps après, des agents du Service de police de la Ville de Montréal se sont rendus dans la salle de prières, pour en ressortir quelques minutes plus tard sans s'adresser aux médias.

Plusieurs fidèles ont déclaré qu'ils s'inquiétaient du portrait que dresseraient les médias de la communauté musulmane après l'arrestation, survenue lundi, de Chiehb Esseghaier. Anour Lahrach a affirmé que le centre était paisible et qu'il n'y avait pas lieu de parler de terrorisme, mais que les médias avaient réellement transformé l'image de leur religion.

Un autre homme a décrit l'endroit comme un lieu de prière pour des fidèles qui travaillaient sur la route, comme des chauffeurs de taxis, et venaient à brûle-pourpoint pendant la journée. Il a soutenu que la mosquée attirait essentiellement des musulmans qui s'étaient bien intégrés au Canada.

«C'est une mosquée tranquille, il n'y a pas de problèmes ici. Les médias exagèrent parfois. L'islam est une religion de paix», a-t-il mentionné.

Un autre homme s'est rappelé avoir vu l'accusé à la mosquée, mais qu'il ne l'avait plus revu depuis un an.

«Il n'était pas très bavard, c'était plutôt une personne calme. Je n'ai jamais eu de problèmes avec lui», a-t-il ajouté.

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