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Complot terroriste: le moment des arrestations est questionné par un avocat

23/04/2013 08:41 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement conservateur s'est défendu, mardi, d'avoir quelque chose à voir avec le moment choisi par les autorités policières pour procéder à l'arrestation de deux présumés terroristes.

Ottawa a tenu ces propos après que l'avocat de l'un des hommes eut fait part de ses interrogations quant à une certaine implication politique.

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a lancé qu'il aurait évité de faire appel aux théories du complot s'il était lui-même avocat. M. Kenney a été le premier à recevoir un bilan des opérations des autorités, lundi après-midi. La Gendarmerie royale du Canada a annoncé avoir déjoué, de concert avec d'autres corps policiers, un complot terroriste qu'auraient fomenté Raed Jaser et Chiheb Esseghaeir.

Julie Carmichael, la porte-parole du ministre de la Sécurité publique Vic Toews, a de son côté soutenu que le calendrier des opérations était entièrement à la discrétion des agences de sécurité du pays, qui avaient toute la confiance d'Ottawa pour mener à bien leur travail.

Raed Jaser et Chiehb Esseghaier font face à plusieurs chefs d'accusation liés au terrorisme, dont celui d'avoir comploté pour commettre le meurtre de personnes inconnues au profit d'un groupe terroriste et d'avoir sciemment participé à une activité d'un groupe terroriste.

Les accusations renvoient à des infractions qui auraient été commises entre le 1er avril et 25 septembre 2012, en plus d'une autre accusation dont l'action se serait déroulée jusqu'au 14 février.

Sans crier gare, les conservateurs ont annoncé vendredi la fin des débats sur le projet de loi anti-terrorisme, dont certaines mesures prévoient le renouvellement de dispositions échues depuis 2007 telles l'arrestation préventive, par exemple.

Le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan, n'avait fait aucune référence au débat la veille, lorsqu'il avait présenté des avis pour les projets de loi à venir plus tard dans la semaine suivante. Le dernier vote à ce sujet a été tenu en février, et une troisième lecture doit en être faite mercredi.

L'avocat de Raed Jaser, John Norris, a déclaré qu'il avait été clairement démontré que les suspects ne représentaient pas un risque immédiat pour la sécurité publique et qu'il était donc surprenant que les arrestations soient faites maintenant, «aussi peu de temps après les événements de Boston et en parfait alignement avec ce qui s'est passé à la Chambre des communes lundi».

La sergente de la GRC Julie Gagnon a renvoyé au gouvernement toute question concernant le moment choisi pour procéder aux arrestations.

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