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Attentat de Boston: Dzhokhar Tsarnaev répond aux questions par écrit

23/04/2013 06:25 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT

BOSTON - Blessé à la gorge, l'homme de 19 ans accusé d'avoir perpétré l'attentat du marathon de Boston a répondu par écrit aux questions des enquêteurs qui tentent d'élucider ses motivations et de déterminer s'il est associé à un réseau terroriste.

Les réponses fournies par Dzhokhar Tsarnaev incitent les policiers à penser que son frère Tamerlan et lui ont été inspirés par une version radicale de l'Islam, a indiqué sous le couvert de l'anonymat un responsable. Les deux hommes n'entretiendraient pas de liens particuliers avec les groupes terroristes.

Les autorités demeurent toutefois très prudentes et tentent de vérifier la véracité des propos du suspect. Les enquêteurs épluchent notamment ses communications téléphoniques et en ligne.

Tsarnaev a été interrogé et formellement mis en accusation, lundi à l'hôpital, où son état est toujours jugé sérieux. Il a subi de nombreuses blessures par balles, dont une à la gorge. Tamerlan a été abattu lors d'un échange de tirs avec la police vendredi dernier.

Dzhokhar Tsarnaev a été accusé d'avoir utilisé une arme de destruction massive avec l'intention de tuer, un crime passible de la peine capitale.

Les frères Tsarnaev sont soupçonnés par les autorités américaines d'avoir fait exploser deux bombes près de la ligne d'arrivée de la course le 15 avril, faisant trois morts et plus de 200 blessés. Dzhokhar Tsarnaev devrait aussi faire l'objet d'accusations distinctes relativement au meurtre d'un policier de l'université MIT.

Dans un document soumis au tribunal, la police fédérale américaine affirme que des images captées par des caméras de surveillance montrent Tsarnaev déposer un sac à dos près de l'endroit où la deuxième explosion s'est produite puis manipuler un téléphone mobile et le porter à son oreille.

Après la première déflagration, le suspect s'éloigne calmement mais rapidement et, environ 10 secondes plus tard, la seconde bombe explose là où il a laissé le sac.

Le FBI n'a pas précisé si elle croyait que le jeune homme avait utilisé le cellulaire pour faire exploser l'un des engins explosifs ou les deux, ou simplement pour parler à quelqu'un.

Le document ne donne aucun détail sur le possible motif derrière l'attentat. Il indique toutefois que, dans la nuit qui a mené à la mort de l'aîné des frères Tsarnaev et à la capture du cadet, l'un des deux aurait dit à l'automobiliste à qui ils avaient volé le véhicule: «Vous avez entendu parler de l'explosion à Boston? C'est moi qui ai fait ça.»

Dzhokhar Tsarnaev a été accusé de complot visant à utiliser une arme de destruction massive contre des personnes et des biens ayant provoqué la mort. Des accusations séparées devraient être déposées contre lui par l'État du Massachusetts en lien avec le meurtre d'un agent de sécurité du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

L'administration Obama a déclaré qu'elle n'avait pas le choix de confier le dossier du suspect au système judiciaire fédéral. Certains politiciens avaient proposé de le juger devant un tribunal militaire, ce qui l'aurait privé de certains droits constitutionnels.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a toutefois expliqué lundi que Tsarnaev, un Russe d'origine tchétchène qui vit aux États-Unis depuis une décennie, possède la citoyenneté américaine et que, selon la loi, il ne peut donc pas être jugé par une cour militaire.

Dans sa plainte, le FBI révèle qu'il a fouillé la chambre qu'occupait Dzhokhar Tsarnaev dans les résidences de l'université du Massachusetts-Darmouth dimanche et qu'il y a notamment découvert une casquette blanche et une veste foncée ressemblant à celles portées par l'un des auteurs présumés de l'attentat sur les photos publiées par la police fédérale dans les jours qui ont suivi les explosions.

Sept jours après l'incident, la vie reprenait peu à peu son cours normal à Boston lundi. Les résidants ont observé un moment de silence à 14h50, l'heure à laquelle la première bombe a explosé près de la ligne d'arrivée. Les cloches de la ville et de l'État ont sonné à toute volée durant cette minute en hommage aux victimes.

Par ailleurs, les médecins ont annoncé lundi que l'ensemble des quelque 200 blessés arrivés vivants à l'hôpital allaient vraisemblablement s'en sortir. Lundi, 51 personnes demeuraient hospitalisées, dont trois dans un état critique et cinq dans un état grave.

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