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Attentat contre l'ambassade de France à Tripoli: deux gardes blessés

23/04/2013 02:15 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Un attentat à la voiture piégée a visé mardi l'ambassade de France à Tripoli, blessant deux gardes français et provoquant d'importants dégâts, dans la première attaque contre des intérêts français en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

L'attentat, qualifié d'"acte terroriste" par les autorités libyennes, survient dans un contexte d'insécurité croissante en Libye avec des milices qui y font la loi et dans un contexte régional marqué par le conflit au Mali où l'armée française est intervenue contre les islamistes radicaux.

Le président français François Hollande, dont le pays a participé à l'opération militaire internationale contre le régime Kadhafi, a indiqué attendre de la Libye que "toute la lumière soit faite" sur cet attentat.

L'explosion est survenue à 07H00 (05H00 GMT) et a été provoquée par une voiture piégée, selon une source de sécurité libyenne.

Une source à l'ambassade de France a affirmé que deux gardes avaient été blessés, l'un grièvement et l'autre n'ayant que quelques égratignures.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, il ne restait d'un véhicule garé devant l'entrée de l'ambassade que le moteur et un bout de carcasse calcinée. Un profond cratère était visible à côté.

Le bâtiment abritant les locaux de la chancellerie a été fortement endommagé et une partie du mur d'enceinte a été détruite.

Des enquêteurs libyens sont arrivés sur les lieux de l'attentat, où les forces de sécurité tentaient d'évacuer le secteur.

"Il ne reste plus rien de mon bureau", a déclaré à l'AFP une employée française de l'ambassade installée dans une villa à deux étages située au coin d'une rue du quartier résidentiel de Gargaresh.

"On a entendu une forte détonation à 07H00. C'était une très grave erreur d'installer l'ambassade de France dans notre quartier", a dit l'un des voisins accourus sur les lieux.

L'ambassadeur de France, Antoine Sivan, arrivé sur place, n'a pas souhaité faire de commentaires.

"Nous condamnons fermement cet acte que nous considérons comme un acte terroriste contre un pays frère qui a appuyé la Libye durant la révolution" de 2011, a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie libyenne Mohammed Abdel Aziz, présent lui aussi sur place.

"Nous regrettons cet acte et nous exprimons notre solidarité avec le gouvernement et le peuple français", a-t-il dit, en annonçant la formation d'une commission franco-libyenne pour enquêter sur les circonstances de l'attaque.

Il s'est refusé à toute indication sur les motifs ou les auteurs de l'attentat, soulignant qu'il fallait attendre les résultats de l'enquête.

Depuis la révolte de 2011, l'insécurité est persistante en Libye particulièrement dans la région de Benghazi (est) frappée par des attentats et et assassinats ayant conduit les Occidentaux à évacuer la ville. Un attentat contre le consulat américain à Benghazi en 2012 a tué l'ambassadeur et trois autres Américains.

Les violences sont souvent imputées à des islamistes radicaux, pourchassés sous Kadhafi et qui règlent leurs comptes. La sécurité demeure l'apanage de milices dans un nombre de secteurs importants, qu'il faut intégrer dans l'armée ou la police.

A cela s'ajoute un contexte régional marqué par le conflit au Mali où l'armée française est intervenue à la demande des autorités de Bamako, à la suite d'une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Les groupes armés jihadistes -le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)- visés par l'intervention française dans le Nord du Mali, avaient menacé en représailles de s'attaquer aux intérêts français.

En 2011, la France de Nicolas Sarkozy a participé à la coalition qui a mené des raids aériens contre les forces du régime Kadhafi pour aider la rébellion au sol. L'opération, dans le cadre de l'ONU, a permis de venir à bout du régime de Mouammar Kadhafi tué en octobre 2011 à l'issue d'un conflit de huit mois.

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